Origine(s) photographique(s)

Suivant le fil rouge des précédentes expositions de La(b) Galerie Artyfact, Origine(s) se veut être un dialogue autour de l’origine de nos images contemporaines.

Sabrina Biancuzzi travaille par exemple la matérialité de l’image et l’incarne par le geste artistique. Michaël Duperrin propose quant à lui une installation évolutive autour de ses cyanotypes, Cath. An. offre à voir des supports rhodoïd éphémères et joue sur l’effacement de la trace photographique. Ces expérimentations, propres à chaque photographe plasticien, leur permettent de s’approprier l’image et d’incorporer du sens, du personnel, du critique, de l’esthétique autour de la problématique de l’origine.

Parmi les douze artistes présentés, deux ont particulièrement retenu mon attention : Sabrina Biancuzzi et Emilie Arfeuil.

J’ai déjà parlé ici même de Sabrina Biancuzzi à l’occasion de l’exposition que j’avais organisée à La Belle Juliette fin 2012 autour de la série SHE que l’on retrouve ici.

SHE est une collection sans fin d’instants de vie… Comme on collectionne les timbres ou les cartes postales, l’objet du souvenir est lui-même collection­né pour devenir petit à petit le reflet d’une vie passée, rêvée ou réelle. C’est la beauté de l’éphémère, la peur du tout et l’importance du rien.

SHE est réalisée à partir de photographies argentiques, tirées sur papier baryté et retravaillées en techniques mixtes. Chaque image est une oeuvre unique.

Notez bien : petits formats et petits prix !

SHE 404

Dans la série Instant P composée de diptyques, de triptyques de polaroid, Sabrina Biancuzzi construit un univers de la trace où l’on peine à distinguer l’origine.

Chaque séquence d’ Instant P – présente une naissance – une origine.

Au départ il y a l’histoire personnelle, l’histoire familiale, les entraves,

Il y a le besoin d’extérioriser, la catharsis,

Il y a l’envie de réécrire, d’inventer,

De se souvenir, d’oublier,

De changer l’histoire,

De rendre le douloureux, beau,

Et la souffrance, poésie.

Et puis donner la vie à son tour,

Pour offrir ce qu’on n’a pas connu.

Le parcours, comme des étapes, des passages,

L’origine, les origines.

Naitre,

Encore.

 

Quant à Emilie Arfeuil, j’avais découvert son travail fin 2013 à l’occasion des lectures de portfolios organisée par Freelens.

Elle présente ici sa série intitulée Sang-mêlé qui joue sur la multiplicité des origines.

Emilie prend son inspiration dans la photographie ethnologique des XIXème et XXème siècles, témoignage des missions scientifiques et de la rencontre entre l’Occident et « l’autre monde ». Au-delà de la recherche de « types humains », on rêvait, à l’époque coloniale, de pittoresque, d’exotisme, de folklore à travers les corps et costumes inconnus et lointains.

Le regret d’un paradis perdu et du mythe du « bon sauvage », la recherche d’un dépaysement total, sont de plus en plus forts aujourd’hui face à l’uniformisation culturelle mondiale et la disparition progressive des traditions.

Cette série prend le parti d’une ethnologie inventée par la nostalgie du voyageur. Totalement mise en scène en studio à Paris, à partir de documents ethnolo­giques et anthropologiques, elle entremêle costumes, apparats et maquillages traditionnels des cinq continents. On découvre alors une femme multiple, métissée, cosmopolite, aux origines hybrides, au visage de sang-mêlé du monde. Les traditions de continents opposés se confondent jusqu’à perdre leur essence et en générer une nouvelle, façonnée par l’inconscient collectif.

Un plus : chaque photographie est présentée dans un cadre ancien, ce qui rend chaque oeuvre encore plus originale !

emilie_arfeuil_01

 

Dédiée à la photographie contemporaine, la La(b) Galerie Artyfact a ouvert ses portes en avril 2013, au 9 rue Forest proche de la place Clichy dans le nouveau quartier de l’Image (Le Bal, le cinéma des cinéastes, …).

La programmation de la La(b) Galerie Artyfact se partage entre jeunes talents et noms plus reconnus de la photographie contemporaine.

Le parti pris de la galerie est d’élaborer des expositions qui se veulent toujours collectives ainsi que de proposer une sélection d’artistes toujours orientée autour d’un thème fédérateur.

 

Du 5 mars au 18 avril

La(b) galerie Artyfact – 9 rue Forest – 75018

Du mercredi au vendredi de 12h à 19h et le samedi de 14h à 19h.

Entrée libre

 

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