Lizzie Sadin au Tremblay-en-France

SAD0302002NLa violence conjugale est un grave problème de société, qui touche tous les milieux sociaux, toutes les cultures. Elle est inacceptable.

Le chiffre des violences conjugales est un chiffre noir. Les estimations se rejoignent cependant pour dire qu’environ deux millions de femmes sont victimes de violence conjugale, soit une femme sur dix. Cette femme connaît son agresseur. Il habite à la maison. Cette femme est peut-être notre amie, notre voisine, notre sœur…

La violence se développe à travers des cycles dont l’intensité et la fréquence augmentent avec le temps, jusqu’à pousser la femme au suicide ou à l’exposer à l’homicide. 146 femmes meurent chaque année sous les coups d’un mari violent.

Plus d’une tous les deux jours et demi !

A une époque où peu de sujets restent tabous, il m’avait semblé urgent de témoigner sur ce problème délicat sur lequel on jette encore trop souvent un voile pudique. La famille est le lieu par excellence du privé. Aucun photographe n’est censé y faire des photos, encore moins ce genre de photos.

Photographier des femmes battues juste après le drame, chez elles, dans des services d’urgence d’hôpitaux ou des foyers d’hébergement peut, pour certains, paraître du voyeurisme. Pourtant ma démarche est exactement inverse.

J’ai voulu dénoncer ce qui est rarement vu. Redonner à ces femmes la dignité qui est la leur. Combattre le silence dans lequel elles se trouvent.

Parler de la violence conjugale dérange. Mais se taire, c’est les rendre victimes deux fois. J’ai ressenti le besoin d’apporter ma modeste contribution en proposant mon regard de femme photographe sur ce très grave problème.

J’ai voulu photographier ces autres nous-mêmes, retenir par l’image ces moments de vie où l’on ne parle plus, où seuls les yeux et le cœur s’expriment…  Je voulais que mes photos montrent, dénoncent et donnent à réfléchir.

Le pari sera gagné pour moi, si, à la vue des images, des femmes s’emparent de leur parole, sortent de leur isolement, osent briser le mur, osent dire, osent !

Le pari sera gagné pour moi, si, à la vue des photos, l’émotion et le cœur mis à contribution, on se sent proche tout simplement…

Lizzie Sadin

Est-ce ainsi que les femmes vivent ? Tel est le titre de l’exposition de 30 photographies N&B de Lizzie Sadin, femme engagée, qui sera présentée du 10 mars au 4 avril 2015

Médiathèque Boris Vian

8 rue Pierre Brossolette – 93290 Tremblay-en-France – 01 49 63 69 61

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