Marc Garanger au Musée Réattu à Arles

1965, naissance de la première collection publique de photographies dans un musée des beaux-arts français. C’était à Arles au musée Réattu. Jean-Maurice Rouquette, conservateur, et Lucien Clergue, photographe, osent un projet d’avant-garde dont découlera le festival des Rencontres, l’école nationale de photographie mais aussi la reconnaissance absolue de la photographie en France.

L’exposition Oser la photographie célèbre le chemin parcouru et propose un retour aux sources de l’histoire singulière de cette collection unique portée par l’engagement d’un photographe. Composée de 5000 tirages cette collection s’enrichit sans cesse de nouvelles acquisitions, de commandes publiques, de dépôts, de dons.

Femme Algerienne 1960, photo d'identite, commandee par l'armee francaise a la fin de la guerre d'Algerie, dans les villages de regroupements. ["en 1960, je faisais mon service militaire en Algerie, comme appele du contingent. L'armee francaise avait decide que les autochtones devaient avoir une carte d'identite francaise pour mieux controler leurs deplacements, dans les villages de regroupements. Comme il n'y avait pas de photographe civil, on me demanda de photographier tous les gens des villages avoisinants: Ain Terzine, Bordj Okhriss, le Mezdour, Souk el Khremis. J'ai ainsi photographie pres de 2000 personnes, en grande majorite des femmes, a la cadence de 200 par jour. Dans chaque village, les populations etaient convoquees par le chef de poste. C'est le visage des femmes qui m'a beaucoup impressionne. Elles n'avaient pas le choix. Elles etaient dans l'obligation de se laisser photographier. Elles devaient s'asseoir sur un tabouret, en plein air, devant le mur blanc d'une mechta. J'ai recu leur regard a bout portant, premier temoin de leur protestation muette, violente. Je veux leur rendre temoignage. Marc Garanger"]

Parmi les 250 tirages présentés, certains sont issus du fonds des Rencontres qui réunit 650 épreuves laissées par les artistes à la fin des expositions depuis plus de 30 ans. Ce fonds a été déposé au Musée en 2002 et 2005 afin d’en garantir la conservation et la mise en valeur. La figure obsédante de l’être humain immortalisée par Edouard Boubat, Marc Garanger, Mario Giacomelli ou Arnold Newman constitue un des principaux fils conducteurs de ce précieux dépôt.

Quatre portraits de femmes algériennes de Marc Garanger figurent dans cette très belle exposition à voir jusqu’au 3 janvier 2016.

 

Oser la photographie

50 ans d’une collection d’avant garde à Arles

10 rue du Grand Prieuré – 13200 Arles

Du mardi au dimanche

 

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