Le Cambodge d’Emilie Arfeuil à Strasbourg

En mars dernier, j’ai déjà parlé ici même du travail d’Emilie Arfeuil à l’occasion de sa participation à l’exposition « Origine(s) photographique(s) avec des portraits qui reflétaient un peu ses thèmes de prédilection : la mémoire, l’intime et les questions identitaires.

La galerie Stimultania à Strasbourg présente actuellement la première exposition personnelle d’Emilie soit 25 photographies accompagnées d’installations vidéo de son émouvant travail sur le Cambodge.

EMILIE-ARFEUIL_03102015_EXPO-STIMULTANIA_02

 

Un passé sous silence

« Le 17 Avril 2015 a marqué les 40 ans de la prise de Phnom Penh par les Khmers Rouges suivie de plus de 3 ans de violence. Le Cambodge porte toujours en lui les traces de ce génocide et se reconstruit sur le non-dit d’une génération traumatisée. Un pays de silence.

C’est ma ressemblance avec sa sœur disparue qui déclencha ma rencontre avec Tut, un pêcheur vivant à Kampot dans le sud du Cambodge, puis la curiosité réciproque, et le retour de la mémoire. À partir de ce lien ténu s’est tissée une relation de confiance, construite sur plus de 3 ans, pendant lesquels il m’a raconté les tortures subies lorsqu’il était encore adolescent, et jusqu’à présent enfouies en lui. Parce que nous ne parlons pas la même langue, notre communication s’est développée dans le silence, à travers le langage du corps. Les mimes se sont mêlés au quotidien, la violence passée pouvant ressurgir au travers de chaque objet. Une fleur coupée, une amputation ; un fruit ensaché, l’étouffement. Tut est allé jusqu’à se remettre en scène, créer des reconstitutions pour témoigner de ce qu’il a vécu. Cette série partage une rencontre intime et dresse un portrait sensoriel de la mémoire enfouie, la manière dont elle transparaît dans les gestes, les attitudes et les regards, dont elle peut définir une personne et la marquer à vie. »

Émilie Arfeuil

Le projet transmedia « Scars of Cambodia » prend également la forme d’un documentaire de création de 30 minutes réalisé par Alexandre Liebert qui a été récompensé par de nombreux prix depuis 2014 : Prix du meilleur Documentaire (Sedicicorto – Italie, TIFF – Albanie, DocsDF – Mexico, Midff Doker – Moscou), Prix de la meilleure Photographie, Prix de la meilleure Musique originale (Festival International du Court-métrage de Clermont-Ferrand), ainsi qu’une Nomination pour le Prix de la meilleure Photographie (Grand off – Varsovie).

«Scars of Cambodia» a été également sélectionné dans une vingtaine de Festivals à travers le monde.

Ses diaporamas sonores ont été projetés au Mois de la Photo à Paris, au MAP ainsi qu’aux Assises du Photojournalisme.

Que vous soyez à Strasbourg ou non, je vous recommande vivement la visite guidée et commentée de l’expo en vidéo :

https://vimeo.com/141963839

Emilie Arfeuil, un talent à suivre !

Exposition jusqu’au 29 novembre 2015

Galerie Stimultania

33 rue Kageneck – 67000 Strasbourg

Du mercredi au dimanche de 14h à 18h30

Entrée libre

 

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