Circulation(s) : mes coups de coeur

Marqué par le succès de l’édition 2015 au CENTQUATRE-PARIS avec plus de 47 000 visiteurs, , la 6ème édition du festival Circulation(s) revient pour une durée de 3 mois. Dédié à la jeune photographie européenne, ce festival propose de faire découvrir à un large public la création artistique contemporaine innovante. Autour des 51 photographes européens présentés, Little Circulation(s), l’exposition à hauteur d’enfants, revient cette année ainsi que son programme d’activités pédagogiques destinées au jeune public : des jeux inspirés par les oeuvres exposées sont proposés aux enfants afin d’accompagner leur visite de façon ludique et créative (jeu de memory, jeu des 7 erreurs, jeu de logique …).

J’avais apprécié et commenté cette belle idée l’an dernier ici même :

https://agnesvoltz.wordpress.com/2015/01/26/festival-circulations/

Cette année, mes coups de cœur vont vers 2 auteurs très différents.

Lilly Lulay, née en 1985 à Francfort, est une photographe qui ne réalise qu’à de rares occasions ses propres images. Son travail s’adosse en grande partie sur la collecte de clichés anonymes ordinaires trouvés au gré de ses déplacements, à partir desquels elle compose un monde mêlant urbain et nature, couleur et noir et blanc, sous la forme de photo-collages, oeuvres étonnantes par leur cohérence visuelle et leur abstraction.

Mindscapes Nr.50 2011

La série exposée s’intitule Mindscapes, , jeu de mots entre mind, esprit, et landscapes, paysages.

Les «Mindscapes» sont une série de collages en cours, sur laquelle je travaille depuis 2007. Avec comme point de départ les photographies privées de divers moments et contextes, je crée des scènes appartenant au monde intérieur de la mémoire et de l’imagination; un monde auquel aucun appareil photo n’a d’accès: les paysages de l’esprit. Travailler sur cette série est un processus constant de recherche et de jeu autour des motifs de la perception humaine, qui nous obligent à identifier même les éléments flous comme des objets familiers de notre mémoire visuelle.

Non rephotographiés, donc pièces uniques, les collages laissent apparaître la matière, le processus et un relief qui sollicitent le sens du toucher. Les images recyclées en paysages résultent d’une réappropriation et d’une réinterprétation de ce que d’autres ont vu et photographié, puis abandonné ou vendu. Des images délaissées, qui, sous ses mains, reprennent vie de manière poétique et fictionnelle.

Benjamin Renoux déjà remarqué au dernier Salon de Montrouge.

https://agnesvoltz.wordpress.com/2015/05/07/benjamin-renoux-a-voir-au-salon-de-montrouge/

Né en 1986 à Abidjan (Côte d’Ivoire), Benjamin Renoux travaille entre Paris et Londres.

Tondo consiste en une série de vidéos de format rond, présentées dans des cadres sculptés façon Renaissance, démarche très originale. Le tondo est un format de peinture circulaire devenu populaire à la Renaissance. Il était surtout utilisé pour des portraits et des représentations de Vierge à l’Enfant.

Benjamin Renoux reprend ce gabarit pour son travail sur le « stade du miroir », c’est-à-dire le moment où l’enfant reconnaît pour la première fois son reflet dans la glace. Les vidéos présentent le reflet de l’artiste parlant à des photographies. La conversation demeure inaudible dans le but d’en préserver l’intimité. Tondo est le moyen pour Benjamin Renoux de juxtaposer les espaces-temps : celui de la photographie, celui du reflet et celui du spectateur.

2016-03-25 11.14.45

Son travail joue sur la frontière entre l’image fixe de la photographie et les effets vidéos. Il tient à préciser que tout ce que l’on voit est réel, le mouvement apposé sur l’image est vrai.

Je représente une partie de la vie de la photo. J’ai essayé d’ailleurs de le reproduire de manière factice, avec Photoshop, mais ce n’était pas du tout pareil, les couleurs ne se mélangent pas de la même manière. Bien sûr, après avoir filmé je dois retravailler un peu l’image pour qu’elle ressorte bien sur la photo, mais elle a une existence concrète auparavant. Ce qui m’intéresse beaucoup dans ce jeu entre la photographie et la vidéo, c’est qu’on peut parfois être à la limite de l’abstrait, avec un souci de composition.

Les personnages de ses œuvres sont surtout ses proches.

J’ai la chance d’avoir de très belles photos de famille sous la main donc j’en utilise beaucoup. Je fais également des achats chez les antiquaires, je trouve cela intéressant de travailler à partir de photos anonymes, mais elles datent souvent d’avant 1950, car sinon elles sont encore au sein des familles. Cela me restreint un peu, car je ne veux pas travailler qu’avec du noir et blanc. Ça dépend vraiment du projet, parfois c’est important que ce soit ma mère ou mon père, et parfois non, et j’utilise les photos seulement parce qu’elles sont intéressantes et conviendraient parfaitement pour tel ou tel projet. Cela dépend de chaque œuvre, de chaque contexte, de chaque photographie. Pour moi, utiliser une photographie pour en faire une œuvre, c’est comme la valider, l’archiver, lui donner une forme d’éternité. S’assurer que l’on s’en souviendra grâce à sa nouvelle vie, et grâce au fait qu’elle soit devenue une œuvre d’art. Bien sûr, lorsqu’il s’agit de mes parents, cela a encore plus d’importance pour moi, mais c’est une sensation personnelle.

 

Jusqu’au 26 juin 2016 au CENTQUATREPARIS,

5 rue Curial 75019 PARIS

Du mercredi au dimanche (hors vacances)

Du mardi au dimanche (en période de vacances)

De 14h à 19h la semaine et 12h à 19h le week-end

 

 

 

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