Papiers s’il vous plaît !

Le titre sous forme d’invective de cette exposition dit bien le rapport que la matière photographique entretient avec l’ordre dès l’introduction de son utilisation dans les procédés judiciaires au milieu du 19ème siècle. Que ce soit pour un permis de conduire, une carte de famille nombreuse, d’étudiant, ou même la carte vitale, nous sommes tous soumis un jour où l’autre à l’exercice de la photo d’identité. Inspirée des procédés anthropométriques créés par Bertillon, prise par un photographe professionnel ou par un photomaton, la photographie d’identité répond à un certain nombre de critères et de normes qui font d’une photo qu’elle est recevable ou non pour une utilisation officielle.

Traversant les époques, la photographie n’a cessé, depuis son invention, de se plier aux besoins de l’identification et du fichage, thème encore aujourd’hui d’actualité.

S’appuyant sur les fonds du Musée Nicéphore Niépce et sur la collection Ivan Epp, cette exposition produite par La Chambre à Strasbourg, a donc pour vocation de présenter le rapport ambigu de la photographie avec le rôle qu’elle endosse dès qu’il est question d’identité judiciaire.

photographies-didentite-judiciaire-anonyme-usa-annees-1960Photographies d’identité judiciaire – Anonyme, USA, années 1960. MNN 2006.172.2
© Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône

Mais dans un contexte de surveillance et de contrôle des populations nait parfois l’acte de résistance, le pas de côté qui laisse transparaître l’individualité, la personnalité, la désapprobation derrière le constat simple de l’individu et de l’uniformisation du groupe. Marc Garanger en est l’exemple parfait quand en 1960, dans le cadre de son service militaire, il photographie en pleine guerre d’Algérie les femmes forcées à se dévoiler.

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Quant à la collection d’Ivan Epp, elle est tout à fait étonnante. À l’occasion de la commémoration de la libération de Strasbourg, ce strasbourgeois a commencé en 1994 une collection de documents d’identité, avec une sélection précise et rigoureuse de documents historiques (lettres de soldats, photos de famille), excluant les ouvrages, journaux ou cartes postales édités à de nombreux exemplaires. Les pièces d’identité – alsaciennes notamment – réalisées en période de guerre, lors de l’occupation et au moment de la libération répondent exactement à ses critères. À l’affut des ventes proposées dans la région, il a ainsi acquis des lots de documents familiaux complets couvrant parfois 2 à 3 générations.

Allez-y, pas besoin de papiers, l’entrée est libre !

Jusqu’au 31 décembre 2016

Maison de la Photographie Robert Doisneau

1, rue de la Division du Général Leclerc – 94250 Gentilly, France

Du mercredi au vendredi 13H30 / 18H30

Samedi et dimanche 13H30 / 19H00

 

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