Les palimpsestes de Frances Dal Chele

Le Festival de l’image fête ses quarante ans ! Au départ créé pour diffuser tous les médias utilisant l’image, le Festival s’est ensuite concentré sur le médium photographique pour devenir Les Photographiques. De ces rencontres et échanges avec des créateurs de divers courants et générations est née progressivement une collection qui s’enrichit chaque année auprès des photographes invités depuis plus de 30 ans. Une sélection en est présentée dans le hall de l’Hôtel de ville du Mans.

Les Photographiques s’ouvrent sur un panel d’une quinzaine de photographes contemporains sélectionnés dans le cadre d’un appel à auteurs, parmi lesquels Frances Dal Chele que je suis depuis de nombreuses années. Observatrice active d’un monde en changement, Frances s’est focalisée sur la Turquie depuis plus de dix ans, au point d’en apprendre la langue pour pouvoir communiquer plus facilement avec toutes sortes de gens. Elle présente pour la première fois, en 16 grands formats tirés par l’atelier Franck Bordas, sa dernière série réalisée en Turquie intitulée Le Passé de l’Avenir.

Voici ce qu’elle en dit :

Dans Le Passé de l’Avenir je me suis éloignée de mon approche documentaire en m’inspirant des palimpsestes pour le parti-pris formel. Au Moyen Âge, les moines grattaient des parchemins pour en effacer le texte et écrire un nouveau à sa place. Mais par endroits demeuraient de fantomatiques traces de l’ancienne écriture. Or, l’urbanisme est une écriture. Les transformations urbaines radicales à l’œuvre dans Istanbul (comme dans tant d’autres villes du monde), mues par un capitalisme mondialisé, effacent l’écriture précédente, un urbanisme à l’échelle humaine, et le remplacent par des modèles urbains mondialisés – implacable quête du progrès au nom de la Modernité.
Mes palimpsestes révèlent ces bouleversements rapides, profonds du paysage, car les images N&B de secteurs aux franges d’Istanbul viennent du passé récent (1960- 2000). Mes images argentiques couleur (2011 à 2014) capturent sensiblement le même endroit. En superposant les deux images, l’image-palimpseste commence à se matérialiser. Son élaboration finale nécessite un minutieux travail sur sa structure et ses détails via PhotoShop.
Le Passé de l’Avenir porte un regard critique sur l’uniformité engendrée par la globalisation. Tout en évoquant la mémoire d’Istanbul et l’épaisseur du temps, les image-palimpsestes questionnent l’impact d’un étalement urbain effréné, celui d’Istanbul en l’occurrence, sur l’équilibre et la durabilité d’une ville.

Maslak, image-palimpseste 1

Maslak © Frances Dal Chele

Frances Dal Chele a mis un point final à cette série. Elle souhaite maintenant étendre cette démarche à d’autres villes en dehors de la Turquie dont la mémoire et l’identité sont bousculées par la mondialisation.

Du 17 mars au 8 avril au Mans (72100)

Médiathèque Louise Michel
60 avenue Charles De Gaulle, Allonnes
> mardi 10h/12h et 15h/19h
> mercredi 10h/12h et 14h/18h
> jeudi et vendredi 15h/18h
> samedi 10h/12h et 14h/17h

Entrée libre

Advertisements

Leave a Reply

Fill in your details below or click an icon to log in:

WordPress.com Logo

You are commenting using your WordPress.com account. Log Out /  Change )

Google+ photo

You are commenting using your Google+ account. Log Out /  Change )

Twitter picture

You are commenting using your Twitter account. Log Out /  Change )

Facebook photo

You are commenting using your Facebook account. Log Out /  Change )

Connecting to %s