Marchand & Meffre à Budapest

Yves Marchand et Romain Meffre sont deux jeunes photographes français réunis depuis 2002 par leur passion commune pour les ruines modernes.

Le duo suit toujours la même méthode de travail: une chambre photographique, un cadre froid et objectif. Ils prouvent à chaque projet leur persévérance et leur talent à explorer des endroits abandonnés, désertés par les populations. Leurs photographies ont pour ambition de rendre compte et de soulever les failles de notre système moderne.
En visitant des ruines, nous avons toujours essayé de nous focaliser sur des édifices remarquables dont l’architecture incarne la psychologie d’une époque, d’un système, et d’en observer les métamorphoses.

Dès 2006, séduite par leur travail, je les ai rencontrés mais nos projets de collaboration n’ont malheureusement pas vu le jour. J’ai toujours plaisir et intérêt à les suivre depuis.

La galerie Polka présente jusqu’au 28 juillet leur nouvelle série intitulée Budapest Courtyards. radicalement différente des précédentes car cette fois-ci elle porte sur des lieux habités : les cours d’immeubles de Budapest.

Entre 2014 et 2016, après de minutieux repérages sur Internet, à partir de cartes satellites, de vues aériennes, de blogs de passionnés d’urbanisme ou même des sites d’annonces immobilières, Yves Marchand & Romain Meffre ont multiplié les allers et retours à Budapest pour tenter de capter les singularités de la capitale hongroise, noyée dans les paradoxes de sa propre architecture, entre influences  viennoises, juives et ottomanes.

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Les cours de Budapest, Marchand et Meffre veulent en dresser une typologie, forts, toujours d’un protocole documentaire précis : une chambre photographique et un cadre froid, propice à la réalisation d’un répertoire objectif tels que pourraient le façonner Bernd et Hilla Becher, les chantres de l’objectivité allemande.

Marchand & Meffre détaillent : Avec leurs murs ocres devenus grisâtres, leur arcades patinées et leur balcons, elles avaient un air de palazzo italien. Mais leur étroitesse et leur multiples coursives renforçaient l’effet de symétrie et leur conféraient aussi un aspect de panoptique carcéral: c’était un ensemble étrange et fascinant (…).

Au départ, conçue comme une série de quelques dizaines d’images, Budapest Courtyards évolue rapidement vers un ensemble de plus grande envergure à mesure que les auteurs multiplient les visites et découvrent de nouvelles cours cachées (400 ont été visitées à ce jour).

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Pour les artistes, ce travail s’apprécie comme un ensemble descriptif de ce type très particulier d’habitat collectif et un témoignage de l’histoire mouvementée de la ville, de ses batailles, des changements de régimes politiques et économiques, de ses divers aménagements et des petites stratégies d’adaptation individuelle qui en résultent.

La série finalisée compile près de 170 images, autour de deux formats inédits — 60x75cm et 120x150cm  — un choix délibéré, éloignant les artistes du très grand format, justifié par le caractère typologique de Budapest Courtyards. L’exposition est également composée de polyptiques édités en pièces uniques réunissant 9 ou 21 images sous forme de mosaïques.  C’est là ma seule réserve : les mosaïques, trop d’images …

Mais travail remarquable à découvrir absolument à la galerie Polka !

Jusq’au 28 juillet 2018

Cour de Venise

12, rue Saint-Gilles – 75003 Paris, France
Du mardi au samedi de 11h à 19h00  

Entrée libre

 

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