Portraits et paroles d’exilés autour de l’importance du vêtement dans leur parcours

Un jour, Zaman, un jeune Afghan s’est présenté au centre de la Chapelle, la fameuse « bulle” gérée par l’association Emmaüs Solidarité qui a été dégonflée en avril dernier après avoir accueilli près plus de 25 000 migrants et enregistré 60 000 passages d’exilés en 18 mois d’existence. Ce jeune homme, en bermuda et en tongs après avoir marché seize mois depuis Kaboul, avait besoin de chaussures. Au vestiaire, il a demandé s’il y avait des baskets – des « pas trop moches », genre des « sneakers, comme celle de Jay-Z ».

Cette anecdote a conduit les bénévoles à s’interroger sur la fonction sociale du vêtement pour les réfugiés – et surtout à leur poser, à eux, la question. Dans les caisses remplies de chaussures, de pulls, de manteaux, ils choisissent ce qui est à leur taille mais, aussi, ce qui leur plait. Le vêtement les représente et incarne aussi bien leurs peurs que leurs rêves. C’est de là qu’est né le projet artistique original et engagé baptisé « Des sneakers comme Jay-Z » qui a réuni deux photographes, un vidéaste et quatre bénévoles d’Emmaüs Solidarité. Les photographes Frédéric Delangle et Ambroise Tézenas les ont donc immortalisés avec la veste ou le pantalon de leur choix – à cet instant où ils se sont trouvés beaux. Ils ont réalisé 46 portraits à la chambre, procédé lent et onéreux. Cette approche délicate prouve leur considération pour ces hommes parfois angoissés.

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Ibrahim

« J’ai 18 ans et je suis guinéen. Mes autres habits, ce sont mes amis qui me les ont donnés. Je n’ai rien, moi. J’aime le noir. Ce sweat-shirt noir. Dans la rue, on n’est pas bien habillé. Je suis entré vendredi ici, j’étais dans la rue. Je n’ai rien d’autre que ce que j’ai sur moi. »

Ces photographies, projetées en avril dernier au 104 à Paris dans le cadre du festival Circulations sont maintenant exposées aux Rencontres d’Arles, puis seront présentées à la Quinzaine photographique nantaise.  A suivre …

Il s’agit d’un très beau projet humaniste, un magnifique travail photographique, à voir absolument au magasin électrique jusqu’au 23 septembre.

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Ambroise Tézenas à gauche et Frédéric Delangle à droite interviewés dans leur exposition au magasin électrique à Arles © Sabrina Ponti

Un grand bravo et un grand merci aux bénévoles d’Emmaüs solidarité !

 

 

 

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