A PP RO CHE

Un salon à taille humaine, plus intime qu’une grande foire, et construit comme une exposition, c’est ainsi qu’Emilia Guenardi et Elsa Janssen, les co-directrices, définissent le salon A ppr oc he (avec cette typographie particulière), un salon indépendant qui réunit 14 artistes issus au monde des arts plastiques et de la photographie dans un hôtel particulier. La première édition en 2017 était prometteuse, la deuxième vaut vraiment le détour.

Au salon A pp ro che, l’objet photographique est multiple et intrigant. J’y ai particulièrement apprécié des travaux à partir de recyclage d’archives.

A commencer par celui d’Emmanuelle Fructus, qui, avec son œil d’iconographe, collecte depuis plus de dix ans des photographies de famille anonymes délaissées. Touchée par la pauvreté de ces images, elle les récolte afin de leur donner une seconde chance, une nouvelle vie. Telle une couturière, elle découpe patiemment, inlassablement ces personnages photographiques avec de petits ciseaux. Ses acteurs incongrus proviennent de la fin du XIXe siècle comme des années 1970. Elle extrait ces formes humaines de leur contexte pour les classer selon leur densité, leur brillance, leur colorimétrie sur de petits cartons blancs de forme rectangulaire où chacun est repositionné dans un espace neutre et sans histoire. Un nouvel ordre des choses. Sortes de listes de présences humaines, ces collages, photomontages, deviennent des tableaux qui parlent de notre Histoire, de celle des disparus.

01 EMMANUELLE FRUCTUS_Un livre une image

L’autre série qui a retenu mon attention se nomme No more, no less et elle est signée Thomas Sauvin et Kensuke Koike. De quoi s’agit-il ?

Thomas Sauvin est un collectionneur et éditeur français vivant à Pékin. En 2009 il se lance dans une aventure hors du commun : récolter des négatifs abandonnés dans une zone de recyclage au nord de Pékin et destinés à être détruits. Il rachète au kilo des sacs entiers, sélectionne, retravaille et classe plus d’un demi-million de photographies anonymes réalisant à lui seul l’un des travaux d’archives photographiques les plus importants en Chine.

Thomas Sauvin a confié à l’artiste japonais Kensuke Koike un cahier retrouvé sur un marché, ayant appartenu à un étudiant chinois en photographie d’une université de Shanghai dans les années 1980, qui réunit des négatifs, tirages argentiques et commentaires manuscrits d’un professeur anonyme. Kensuke a déconstruit l’image par découpages et collages minutieux en suivant une règle formelle : rien n’est retiré, rien n’est ajouté. Ainsi No more, no less présente de nouvelles épreuves argentiques réalisées à partir des négatifs originaux. Ce travail sublime nous rappelle que la photographie est avant tout une expérience.

02 THOMAS SAUVIN & KENSUKE KOIKE_a ppr oc h e section

Notons aussi la première participation de la galerie Thierry Bigaignon avec le travail de Vittoria Gerardi qui nous propose une expérience visuelle et mentale du paysage.

On peut découvrir en avant-première quelques pièces de son dernier projet autour de Pompei. Elle a piégé dans le plâtre un tirage d’une photographie qu’elle a prise in situ, comme les habitants restés figés dans la lave du Vésuve. Surprenant !

02 VITTORIA GERARDI_Galerie Thierry Bigaignon

Courez-y vite !

 

a ppr oc he

Le Molière

40 rue de Richelieu – 75001 Paris

Horaires d’ouverture au public, sur réservation :

Dimanche 11 novembre de 13h–17h

Réservations sur approche.paris

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