Les années Combi de Françoise Saur

Dans Les années Combi , la photographe Françoise Saur rend un hommage buissonnier au fameux camping-car Volkswagen qui n’a cessé de se réinventer depuis 1950.

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Ce fidèle compagnon de route des routards et des familles nombreuses est aussi un sujet photographique qui n’aime rien tant que se glisser en douce dans le cadre. Qu’il s’installe dans le paysage le temps d’une pause casse-croûte, qu’il serve de refuge à la famille pendant l’orage ou serpente sur une route de montagne, le Combi, vu du dedans ou du dehors, s’invite à chaque page de ce petit road-trip familial. Baignée de lumière, la vie défile à toute blinde mais sans heurts dans le Combi de Françoise : famille voyageuse, famille heureuse !

Dans ce sympathique petit ouvrage, reflet d’une époque révolue, on croise des enfants, des gens, beaucoup de gens dont Bernard Plossu et José Bové. On y voit des paysages, la nature, la vie … On y retrouve une certaine idée du voyage, un vent de liberté !

Françoise Saur, auteur de ce livre, vit en Alsace. Son travail photographique, qui a débuté dans les années 70, a été récompensé en 1979 par le Prix Niépce Gens d’images.

Les années Combi est édité par Médiapop, une maison d’édition créée en 2009 dans l’Est de la France, pour prolonger les plus belles rencontres réalisées grâce au magazine Novo (consacré aux artistes, photographes, écrivains…).

Les années Combi

Françoise Saur

Format : 180x120mm, broché – 144 pages

Prix : 16€

Médiapop Editions

 

Vivre libre, par Eric Bouvet

Eric Bouvet a commencé sa carrière photographique en 1981 après des études d’arts graphiques. D’abord photographe au sein de l’agence Gamma, où je l’ai rencontré, il adopte ensuite le statut de freelance en 1990. Ayant fait le choix de couvrir les conflits à travers le monde, il a été le témoin d’événements majeurs comme la guerre en ex-Yougoslavie, Afghanistan, Tchétchénie, Ukraine …

Son travail est publié dans la presse magazine internationale comme Time, Life, Paris-Match… 5 fois lauréat du World Press Photo, il a reçu 2 Visas d’Or, le Prix Bayeux-Calvados des correspondants de guerre, le Prix Paris-Match 2000 …

Quand il est fatigué de photographier les horreurs du monde, il s’oriente vers des sujets créatifs, joyeux et pacifistes sur la mode ou encore sur ce festival, Burning Man, qui rassemble chaque année à la fin de l’été 60 000 esprits libres au coeur du désert, au Nevada. Au milieu de nulle part, surgit une ville éphémère où règnent l’art, la solidarité et l’indépendance. Au bout d’une semaine, toute cette euphorie disparaît dans ses cendres. A travers une dizaine de clichés puissants et poétiques présentés au rez-de-chaussée, Eric Bouvet nous plonge au coeur de cet événement surréaliste.

Burning Man 2012

Mais il faut surtout monter au premier étage découvrir la très belle série Peace-Rainbow families, réalisée notamment au Brésil en 2012. Elle traite de ce mouvement New Age né aux USA dans les années 70. Pas de chefs. Nul n’a d’ordre à donner ni à recevoir. Les décisions sont prises en commun, au cours d’assemblées où tous, assis en cercle, s’expriment à tour de rôle. Les membres de Rainbow Family sont de toutes origines, religions et conditions. Les plus jeunes sortent à peine de l’adolescence, les plus âgés sont largement sexagénaires. Mais ils partagent les mêmes convictions, les mêmes espoirs, le même refus du monde tel qu’il est. Ils considèrent le système économique moderne comme une nuisance, la politique comme un jeu de dupes, la course au progrès technologique comme un piège.

Cette série réalisée en film instantané (polaroid) et développée à l’eau de javel respire la sérénité et le bien-être. Des images très riches tant esthétiquement que moralement.

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Enfin, ne pas oublier la visite du petit salon intime qui présente quelques tirages N&B de la série Sex Love réalisée à la chambre grand format polaroid.

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« J’ai choisi de présenter le travail d’Eric Bouvet  pour partager son regard poétique et son approche esthétique de la réalité. Dans le désert ou dans les forêts, ses photographies nous apparaissent comme des compositions alors qu’elles ne sont que des instants volés à la beauté naturelle de la vie. En studio, il sait mettre en confiance ses modèles pour leur laisser la liberté d’être, tout simplement. Ses cadrages et ses lumières, saisis comme par magie à l’éphémère, sont autant de tableaux dessinés par son regard de photographe et de photoreporter. Lequel regard s’est pourtant frotté à tant d’horreur et de douleur partout dans le monde, que sa vision du plaisir, du bonheur, de l’amour est encore plus intense dit Nathalie Atlan Landaburu, la directrice de la galerie Hegoa.

Avec cette première exposition personnelle en galerie, Eric Bouvet nous livre une vision artistique de son métier sur le thème de l’amour et de la paix.

A voir absolument !

Jusqu’au 25 mars 2017

Du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h
Galerie HEGOA
16, rue de Beaune – 75007 Paris

Les offrandes de Gao Bo

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La Maison Européenne de la Photographie consacre une grande rétrospective au travail de Gao Bo, né en 1964 dans la province du Sichuan en Chine, depuis ses premières photographies tibétaines aux installations les plus récentes, la plupart présentées pour la première fois en Europe.

Cette exposition met en lumière les thèmes chers à l’artiste et s’attache à révéler les spécificités de sa démarche, mêlant cheminement conceptuel et recherche plastique, aux frontières de la photographie, de l’installation et de la performance.

Arrivées par containers de Pékin, les mille pierres aux mille visages ouvrent la rétrospective de Gao Bo sous l’arbre du jardin de la MEP. Posées en pyramide, ces «offrandes au mandala» symbolisent un ex-voto comme un bel hommage au peuple tibétain, si cher à l’artiste.

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C’est par une série de portraits de Tibétains que le photographe a débuté sa carrière, en 1985. Ce premier voyage où il découvre sa vocation sera suivi d’autres au cours des années 1980 et 1990. Ses images, d’une grande sensibilité artistique, saisissent des instants de vie des tibétains, fige les prières des moines, capturent un rayon de lumière. Et plusieurs années après, sur chaque image, Gao Bo a tracé des symboles, des formes abstraites, en utilisant son sang comme encre et une calligraphie automatique qu’il a baptisée langage de l’âme. Pour l’artiste, il s’agit moins d’un sacrifice que d’une offrande. Pour le spectateur, l’émotion est intense.

Mes voyages au Tibet n’étaient pas seulement un dépassement de soi : plus important, il s’agissait d’élever mon âme.

Le souvenir de la révolution culturelle, de ses tribunaux populaires et de ses exécutions publiques auxquelles il était contraint d’assister a souvent hanté l’artiste, et surtout la mort brutale de sa mère qui s’est jetée sous un train devant ses yeux alors qu’il avait huit ans. Je voulais retrouver mes souvenirs d’enfance  dit-il très simplement. Au-delà de l’image il écrit sur le mur la légende de son œuvre dédiée à celle qui lui a donné la vie, morte à l’âge de trente ans : « Pour ma mère qui nous a quittés trop tôt ». L’existence misérable de cette femme est représentée par une souche d’arbre éclatée devant laquelle il a déposé un coussin blanc ensanglanté : fissures, déchirements, horreurs d’un drame impossible à oublier.

Pour composer, dans les étages, les installations en hommage à sa défunte mère ou encore aux condamnés à mort chinois, Gao Bo a amené des néons, des boîtes rouillées, des photos brûlées et de monumentaux tirages photographiques, dont certains ont été recouverts de peinture, ici, à Paris. Ainsi, de sa pratique photographique des années 90, Gao Bo n’a conservé que le noir et blanc pour explorer les souffrances de son enfance, l’histoire de son pays et produire en toute liberté une œuvre magistrale.

A voir absolument !
Jusqu’au 9 avril 2017
MEP – Maison Européenne de la Photographie
5/7 Rue de Fourcy – 75004 Paris

 

L’optimisme contagieux d’Harold Feinstein

La Galerie Thierry Bigaignon présente, pour la première fois en Europe, une rétrospective exceptionnelle de l’oeuvre du photographe américain Harold Feinstein, né à New York en 1931 et décédé à Boston en 2015. C’est une vraie découverte !

Harold Feinstein, qui a débuté la photographie à l’âge de 15 ans en empruntant le Rolleiflex d’un voisin, est le plus jeune photographe à avoir intégré la collection permanente du Museum of Modern Art (MOMA) de New York depuis qu’Edward Steichen fit l’acquisition de l’une de ses photographies en 1950 pour le compte du musée dont il est le conservateur.

À son retour de Corée, où il avait servi dans l’infanterie, Harold Feinstein s’établit au légendaire « Jazz Loft », à New York. Il y rencontre peintres et musiciens mais également et surtout le photographe W. Eugene Smith qui dit de lui : « Il est l’un des rares photographes que j’ai connus ou qui m’aient influencé à être capable de révéler sous un angle superbement nouveau, avec autant de force et d’honnêteté, ce qui pour moi relève de l’ordinaire ».

Digne représentant de la “New York School of Photography”, Harold Feinstein étend son œuvre sur près de six décennies, pendant lesquelles il va s’évertuer à faire le portrait intime d’une Amérique exubérante et pleine de vitalité. Coney Island est son territoire de prédilection, et il pose un regard malicieux sur la vie de son New York natal.

125th Street From Elevated Train, 1950© Harold Feinstein, 125th Street from Elevated train, 1950. Courtesy Galerie Thierry Bigaignon

Harold Feinstein restait jusqu’à présent méconnu en Europe. Harold fait partie des très grands qui, à l’image de Vivian Maier (découverte après sa mort) ou de Jacques-Henri Lartigue (découvert à l’âge de 70 ans), sont restés trop longtemps dans l’ombre pour des raisons avant tout circonstancielles ; il suffit d’avoir ses clichés en main pour se rendre compte à quel point le monde est passé à côté de véritables chefs d’oeuvres » dit Thierry Bigaignon qui a découvert cet auteur il y a 3 ans et a pu le rencontrer avant sa disparition.

C’est donc porté par la volonté de rendre justice à son immense talent que Thierry Bigaignon s’est engagé dans la voie de cette « renaissance ». La rétrospective que lui consacre la galerie se tiendra en plusieurs parties et sur plusieurs années, tant l’oeuvre d’Harold Feinstein recèle de trésors encore insoupçonnés. La première partie de la rétrospective se consacre aux jeunes années du photographe, les années 40 et 50, offrant une sélection de 35 très beaux tirages argentiques originaux (format environ 40x50cm) signés et souvent numérotés à acquérir à des prix allant de 3750 à 7950 €.

Allez découvrir ces œuvres de jeunesse en noir et blanc, à la fois riches, diverses et bouleversantes d’humanisme, elles expriment un optimisme et une joie de vivre qui ne laisse personne indifférent.

 

Jusqu’au 30 avril 2017

Galerie Thierry Bigaignon

Hôtel de Retz, Bâtiment A – 9 rue Charlot – 75003 Paris

Du mardi au samedi, de 12h à 19h. Entrée libre

PUTPUT

Créé en 2011 par Stefan Friedli et Ulrik Martin Larsen issus du design et de la mode, PUTPUT mêle photo, sculpture et design pour des créations surréalistes et décalées qui interrogent notre perception de la réalité et invitent à porter un nouveau regard sur notre environnement immédiat. Leur travail en photographie tient une part importante dans leurs réalisations.

Après sa série de bâtonnets glacés complètement loufoques, ce duo basé à Copenhague revient avec Coffee for Oppenheim, à la galerie d’Esther Woerdehoff qui justement est suisse !

Coffee for Oppenheim, ce sont des “blagues suisso-danoises” qui détournent des icônes en hommage à l’identité suisse : à commencer par le clin d’œil au Déjeuner en fourrure de Meret Oppenheim.

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Coffee for Oppenheim © PUTPUT, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

D’autres références à Guillaume Tell ou encore à Giacometti sont remixées à la sauce danoise, notamment Alfred Neweczerzal dont je n’avais jamais entendu parler et son invention que tout le monde connaît, l’éplucheur Zena Rex. Revisité par PUTPUT cet éplucheur se décline sous différentes formes et donne lieu à de petites éditions de 15 exemplaires qui sont des idées originales de cadeaux.

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Zena X Putput Peeler #4 © PUTPUT, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Pour la première fois, sont exposés quelques objets en plus des photographies, des pièces uniques comme cette sculpture qui évoque une célèbre et délicieuse barre de chocolat … suisse bien sûr.

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Natural Toblerone © PUTPUT, courtesy Galerie Esther Woerdehoff
Les oeuvres de PUTPUT renouvellent avec exigence le genre de la nature morte dans un esprit ludique et humoristique. Ils s’inscrivent dans une tendance très contemporaine, visant à questionner les liens étroits que l’on entretient chaque jour avec la société de consommation, la place que l’on donne aux objets et leur obsolescence programmée…

Idéal pour se changer les idées !

L’exposition est organisée dans le cadre du Festival Circulation(s) jusqu’au 25 février

Galerie Esther Woerdehoff

36 rue Falguière – 75015 Paris

Du mardi au samedi de 14h à 18h

Entrée libre

 

 

 

 

 

Festival Circulation(s)

Marqué par le réel succès de l’édition 2016 au CENTQUATRE-PARIS avec 50 000 visiteurs, le festival Circulation(s) propose pour la septième année consécutive une nouvelle sélection de jeunes photographes européens.

J’ai toujours aimé les épouvantails, spectacle familier dans les campagnes d’autrefois. Mon regard a donc été attiré par la série intitulée Scarecrows, réalisée par Kate Fichard avec le plasticien Hugo Deniau. S’apercevant que les épouvantails n’existaient plus dans les champs et dans les potagers, Kate Fichard a souhaité offrir aux oiseaux la rencontre gentiment effrayante de ces silhouettes oubliées, inspirées par un certain idéal de la terreur contemporaine. Cette jeune photographe parisienne travaille essentiellement sur l’expression corporelle en mêlant avec talent et un soupçon de nostalgie espaces, objets et corps.

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Dans un style radicalement différent, j’ai été touchée par le travail d’Aida Silvestri, d’origine érythréenne., qui m’a rappelé les portraits flous d’Alexeï Vassiliev. Even this will pass aborde les parcours de réfugiés érythréens au Royaume-Uni. Les trajets des migrants brodés sur des photos d’identité floutées sont le schéma directeur de ce corpus dont le but est d’alerter sur la réalité de la traite des personnes, et de mettre en lumière la diversité des difficultés auxquelles les réfugiés doivent faire face. Cette intervention manuelle dans les tirages ajoute beaucoup d’émotion à cette série.

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Née en 1982 à Helsinki, Finlande Milja Laurila est passionnée par l’histoire de la médecine. Pendant dix ans, Milja a ainsi collectionné des photos d’archives médicales. Ces photos d’anonymes sont le point de départ de cette série In their own voice imprimée sur du verre acrylique transparent, ce qui rend les silhouettes transparentes, presque immatérielles. On ne voit plus des images médicales mais plutôt des nus académiques.

Ce ne sont que 3 exemples parmi les 44 jeunes photographes à découvrir.

Allez-y et allez-y en famille car Little Circulation(s) présente les mêmes séries que dans l’exposition principale avec une scénographie sur panneau adaptée au jeune public (de 5 à 12 ans). Des jeux inspirés par les oeuvres exposées sont proposés aux enfants afin d’accompagner leur visite de façon ludique et créative (memory, jeu des 7 erreurs, jeu de logique …) avec un livret-jeu tout à fait réussi.

DU 21 JANVIER AU 5 MARS 2017 AU CENTQUATRE-PARIS,

5, RUE CURIAL – 75 019 PARIS

Du mercredi au dimanche (hors vacances)

Du mardi au dimanche (en période de vacances)

De 14h à 19h la semaine et de 12h à 19h le week-end

Le photojournaliste produit du ça-voir

Ce ça-voir est censé augmenter le savoir de tous sur tel ou tel sujet, que ce soit sous une forme originale ou sous une autre, et produire des contre-points, qui peuvent remettre en cause le savoir dominant qui veut souvent empêcher toute rencontre avec l’autre. Les médias sont de plus en plus contestés car ils ont transformé l’information en objet de propagande.

Cette phrase de Yann Merlin, photojournaliste, je l’ai relevée dans le numéro spécial de NOTHING magazine qui s’est associé à la maison de ventes Rossini pour présenter les auteurs de leur première vente aux enchères de photojournalisme à Paris.

L’intention c’est de donner une place dans le marché de l’art aux auteurs de reportages qui vivent le plus souvent dans une précarité économique et sans une vraie reconnaissance. Beaucoup se mettent en danger parfois physiquement mais aussi économiquement pour faire exister un point vu, montrer la réalité sous un autre « angle ».

Cette vente de 150 tirages rassemble 50 auteurs, photojournalistes mais aussi, des photographes qui travaillent en dehors de l’actualité.

Elle peut exister grâce au soutien d’Artdigiprint, atelier de tirages fineart situé à Clichy, spécialisé dans les tirages pigmentaires pour les collections et l’impression grand format pour les expositions, de NOTHING Magazine, de l’étude Rossini et de l’ensemble des auteurs qui ont bien voulu participer à ce projet, dont Eric Bouvet, Alain Buu, Frédéric Lafargue, Olivier Jobard, Sarah Caron, Alexis Duclos, Georges Mérillon … et la regrettée Camille Lepage.

Une image a particulièrement retenu mon attention, il s’agit d’une photographie d’Alain Buu que j’ai côtoyé à l’agence Gamma.

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© Alain Buu

2 février 2011, Le Caire, Egypte.

Au tout début de la révolution égyptienne, les manifestants sont parvenus à occuper la place Tahrir au prix de 15 morts au moins et de plusieurs centaines de blessés. Devenue le centre de la révolution égyptienne, les manifestants se défendent contre les partisans du régime en place encadrés par des policiers en civil et des Baltagueyas (agents des basses oeuvres du régime), et sous les yeux de l’armée dans un rôle d’arbitre. C’est la détermination et le sacrifice des manifestants anti-Moubarak qui ont décidé l’armée à forcer Moubarak à démissionner, moment clé de la révolution égyptienne.

Ne manquez pas cette vente !

 

Exposition le vendredi 27 janvier à partir de 11h

Vente aux enchères le samedi 28 Janvier à 14h

Maison de Ventes ROSSINI
7, rue Drouot – 75009 PARIS

http://www.nothingmag.fr/expo-vente-photojournaliste/