Sarah Caron expose à Nice

Le Musée départemental des Arts asiatiques présente, dans le cadre de Photographes en Asie, l’exposition « Femmes Pachtounes ».
D’une grande qualité esthétique, ces photographies nous emmènent dans l’univers privé, et rarement photographié, de ces femmes pakistanaises.

Photographe-reporter pour la presse française et étrangère, de nombreuses fois primée, Sarah Caron parcourt le monde pour couvrir les sujets d’actualité.

En 2012, elle reçoit, pour son projet de reportage « Femmes pachtounes : des êtres de second rang », le Prix Canon de la Femme Photojournaliste 2012 décerné par l’AFJ (Association des Femmes Journalistes) en partenariat avec « Le Figaro Magazine ». Le résultat de ce reportage est présenté pour la première fois en septembre 2013 à Perpignan dans le cadre de Visa pour l’Image.

PASHTUN WOMEN

L’exposition présentée au Musée des Arts asiatiques est un échantillon de ce projet admirable et courageux, qu’elle a réalisé dans la province de Khyber Pakhtunkhwa au Pakistan. C’est de cette région qu’est originaire Malala Yousafzai, 17 ans, Prix Nobel de la paix 2014, récompensée pour son combat pour les droits des femmes. Car comme le souligne Sarah : « Dans les zones tribales du Pakistan, bastion des talibans, les femmes pachtounes endurent de grandes souffrances sous le fait de traditions culturelles rigides et de croyances religieuses extrêmes. Pour un journaliste étranger, il est presque impossible de travailler dans ces régions à cause des restrictions officielles et de l’insécurité qui y règne ».

Du 18 mars au 20 juillet 2015

Musée départemental des Arts asiatiques

405, Promenade des Anglais – Quartier Arenas – 06200 Nice

Ouvert tous les jours, sauf le mardi de 10h à 18h

Entrée gratuite

 

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Perceptions singulières avec Øyvind Hjelmen

Perceptions singulières est née de la rencontre de la poésie des images de Øyvind Hjelmen, de la recherche de Camilla Pongiglione, et des regards croisés d’IIlaria Crosta et Niccolò Hébel, commissaires de cette exposition qui pose la question du souvenir, de sa construction, de sa captation et de ses répercussions. Percevoir, métaboliser et transmettre, semblent être les moteurs communs de tous ces travaux. Les sujets et les langages diffèrent mais les interrogations restent toujours les mêmes,

Øyvind Hjelmen, photographe norvégien dont j’ai déjà parlé ici même en octobre dernier à l’occasion de son exposition à l’Hôtel Scribe, présente la série intitulée Elsewhere que nous avions exposée à la galerie Chambre avec Vues en 2009.

Elsewhere#21 © Øyvind Hjelmen courtesy galerie Sit Down

Elsewhere #21, 2008. Dim : 12 x 12 cm,

Tirage Argentique fait par l’artiste © Øyvind Hjelmen courtesy galerie Sit Down

 

Elsewhere, poème à la vie, est la réponse apaisante d’Øyvind Hjelmen aux inquiétudes et à la détresse de la vie contemporaine.

Des figures solitaires s’arrêtent en des instants nébuleux, entre ce qui était et ce qui sera.

Enveloppés par le brouillard, délimités seulement par des lignes peintes, des camions chargés avancent comme tête baissée sur des routes inconnues. Une pleine lune illumine le chemin des pèlerins. Un escalier abandonné et des chaises vides marquent le voyage partagé.

Par-dessus tout, Elsewhere est un carnet de route visuel, – paysages exotiques, lieux familiers, voyages d’aventure et de mémoire – un journal de l’ombre et de la lumière qui compose une année, un jour, un moment.

Øyvind Hjelmen crée un passage entre les continents, à travers le temps, et assouvit notre désir de beauté et d’émerveillement.

Artisan exigeant doté d’une sensibilité de poète, il réalise ses tirages argentiques qui rappellent la tradition pictorialiste avec une sensibilité d’aujourd’hui.

Au mur ou dans un livre, les images d’Øyvind étonnent. Parfois limpides, parfois brumeuses, elles sont toujours profondément expressives. Et l’intimité du petit format vient encore renforcer la saveur de cette palette sensorielle complète.

A chaque coup d’oeil, les images d’Øyvind Hjelmen révèlent un nouvel enchantement.

Elsewhere est un voyage magique qui enrichit notre âme.

Tracy Xavia Karner

Du 14 mars au 18 avril 2015

galerie Sit Down, Paris

Du mardi au samedi de 14h à 19h

4, rue Sainte-Anastase 75003 Paris

 

Marco Barbon expose à Arles

Le Magasin de Jouets, installé depuis 2009 dans le centre historique d’Arles, est un espace permanent de découverte et de promotion d’artistes émergents, principalement orienté vers la photographie.

Marco Barbon, dont j’ai déjà parlé ici-même à plusieurs reprises, y expose ses deux dernières séries : El bahar et Les pas perdus.

Affiche A4 MARCO BARBON

EL BAHAR

Ce travail, réalisé avec un appareil argentique moyen format, consiste en une série de

photographies de personnes absorbées dans la contemplation de la mer (El Bahar, en arabe), le long des côtes marocaines, de l’extrême sud du pays jusqu’à la frontière avec l’Algérie, en passant par les communautés urbaines d’Essaouira, Casablanca, Rabat et Tanger.

J’ai photographié des individus de dos face à la mer. On ne voit pas leurs visages ; on voit bien, en revanche, leurs vêtements, les détails de leurs tenues. On ne voit pas leurs yeux, mais on les devine rivés à l’horizon, absorbés par l’étendue marine qui les devance.

À Casablanca, entre la Grande Mosquée et le phare d’El-Hank, il y a un no man’s land qu’une rude barrière de ciment sépare de la mer. Ici, l’été comme l’hiver, les bedaouis – femmes, enfants, jeunes employés, couples, personnes âgées – viennent regarder l’océan. C’est ce que les gens d’ici appellent El Bahar : «la mer» ou «la plage» (en arabe, les deux champs sémiotiques sont exprimés par le même signifiant). Drôle de plage, si différente de celles de la Corniche, plus loin, avec leurs piscines à ciel ouvert et leurs terrains de football improvisés ; si différente aussi des plages qui longent nos côtes, parsemées de transats et de parasols colorés. Ici, on ne vient pas pour se baigner ni pour jouer aux raquettes mais pour se retirer pour quelques temps dans un espace intime : celui du souvenir, de l’amour, de la peine, de l’espoir.

La mer représente pour ces personnes un espace disponible où envoyer balader les soucis d’un quotidien difficile, où chasser leurs fantômes, retrouver leurs souvenirs, laisser libre cours à leur imagination : El Bahar est un territoire de l’âme. Mais elle est aussi le symbole d’un ailleurs rêvé et toujours présent à leur esprit : surface infranchissable, barrière cruelle qui les sépare de leurs chers, partis tenter la fortune ailleurs (c’est pourquoi, dans ces silhouettes énigmatiques et souvent solitaires, on ressent parfois une espèce d’attente, comme un espoir…). En montrant l’un des bouts de cette espèce de ‘discours amoureux’ mon travail tente aussi de dire l’entre-deux, cet espace d’échange qui a dans la mer à la fois son lieu d’élection et son symbole le plus puissant.

Marco Barbon

El Bahar / Rabat, 2013

 

LES PAS PERDUS

Cela se passe de l’autre côté de la Mer Méditerranée, mais cela pourrait se passer également ici. Nous sommes à Tanger, lieu de tous les départs, ville-frontière entre le Sud et le Nord du monde. Frontière par la quelle transitent aussi bien ceux qui veulent passer de l’autre côté du détroit pour gagner l’Europe que ceux qui reviennent au pays, pour retrouver leurs proches. Les uns comme les autres ne se sentent plus chez eux, ni ici dans leur pays d’origine ni dans les villes, les villages ou les banlieues qui les ont recueillis de l’autre côté de la mer. Ici comme là-bas la même sensation d’aliénation, d’émargination, une blessure profonde et inextinguible : la perte d’un pays.

L’oeil photographique prend la mesure de ce vagabondage, de cette solitude, de cette lumière éblouissante…

« …tes pas ne sont pas de ces pas qui laissent des traces sur le sable… »

Dans le champ de l’appareil photo, transformé en caméra de surveillance, les humains finissent par perdre leur identité pour devenir des pions sur le vaste échiquier du monde, des présences sans histoire destinées à l’oubli … tu passes sans passer »

C’est le destin des exilés. Le chemin du retour est sans fin.

Marco Barbon

Les pas perdus #05

Du 13 mars au 7 avril 2015

Le Magasin de Jouets

19 rue Jouvène – 13200 Arles

Frances Dal Chele dans TK-21 LaRevue

Née de la rencontre entre des photographes, des artistes, des historiens de l’art et des philosophes, la revue en ligne TK-21 LaRevue publie des réflexions sur les images mais sur de nombreux autres sujets. TK-21 LaRevue est donc un « lieu » où chacun peut proposer à la publication des images, des textes ou des vidéo.

Dans le dernier n°43, Frances Dal Chele présente des photographies en N&B réalisées en Corse il y a quelques années, une approche poétique de la manière dont les lieux nous affectent et nous transportent. La relation entre flou et imaginaire trouve ici une présence singulière.

http://www.tk-21.com/TK-21-LaRevue-no-43#to_7

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Pour information, l’ exposition “Surfaces sensibles” est disponible en location.

 

Lizzie Sadin au Tremblay-en-France

SAD0302002NLa violence conjugale est un grave problème de société, qui touche tous les milieux sociaux, toutes les cultures. Elle est inacceptable.

Le chiffre des violences conjugales est un chiffre noir. Les estimations se rejoignent cependant pour dire qu’environ deux millions de femmes sont victimes de violence conjugale, soit une femme sur dix. Cette femme connaît son agresseur. Il habite à la maison. Cette femme est peut-être notre amie, notre voisine, notre sœur…

La violence se développe à travers des cycles dont l’intensité et la fréquence augmentent avec le temps, jusqu’à pousser la femme au suicide ou à l’exposer à l’homicide. 146 femmes meurent chaque année sous les coups d’un mari violent.

Plus d’une tous les deux jours et demi !

A une époque où peu de sujets restent tabous, il m’avait semblé urgent de témoigner sur ce problème délicat sur lequel on jette encore trop souvent un voile pudique. La famille est le lieu par excellence du privé. Aucun photographe n’est censé y faire des photos, encore moins ce genre de photos.

Photographier des femmes battues juste après le drame, chez elles, dans des services d’urgence d’hôpitaux ou des foyers d’hébergement peut, pour certains, paraître du voyeurisme. Pourtant ma démarche est exactement inverse.

J’ai voulu dénoncer ce qui est rarement vu. Redonner à ces femmes la dignité qui est la leur. Combattre le silence dans lequel elles se trouvent.

Parler de la violence conjugale dérange. Mais se taire, c’est les rendre victimes deux fois. J’ai ressenti le besoin d’apporter ma modeste contribution en proposant mon regard de femme photographe sur ce très grave problème.

J’ai voulu photographier ces autres nous-mêmes, retenir par l’image ces moments de vie où l’on ne parle plus, où seuls les yeux et le cœur s’expriment…  Je voulais que mes photos montrent, dénoncent et donnent à réfléchir.

Le pari sera gagné pour moi, si, à la vue des images, des femmes s’emparent de leur parole, sortent de leur isolement, osent briser le mur, osent dire, osent !

Le pari sera gagné pour moi, si, à la vue des photos, l’émotion et le cœur mis à contribution, on se sent proche tout simplement…

Lizzie Sadin

Est-ce ainsi que les femmes vivent ? Tel est le titre de l’exposition de 30 photographies N&B de Lizzie Sadin, femme engagée, qui sera présentée du 10 mars au 4 avril 2015

Médiathèque Boris Vian

8 rue Pierre Brossolette – 93290 Tremblay-en-France – 01 49 63 69 61

Regards de femmes : Sarah Caron

Située au 16 rue de Beaune, à l’angle de la rue Verneuil et au sein du Carré rive gauche des galeries d’art et des antiquaires, la galerie Hegoa (nom basque, traduction de « ailes » comme celles de la liberté ou encore « chaud » comme le vent du Sud), est un écrin sur deux niveaux dédié aux jeunes plasticiens et aux artistes contemporains, émergents ou reconnus, de toutes cultures et de différents modes d’expression, en particulier des photographes. Leur point commun : la sensibilité, la poésie, l’humour, la sensualité et le regard critique ou émerveillé sur le monde.

L’exposition Regards de femmes réunit six photographes : Sarah Caron, Marie Dorigny, Isabel Munoz, Marianne Rosenstiehl, Sabine Weiss et Gabriella Zalapi, qui portent un regard sur les femmes du monde, à travers le temps. Entre poésie, sensualité, audace et engagement, l’exposition tente de faire découvrir les multiples facettes de la féminité. « Chacune de leurs images projette de l’autre côté des apparences le lien fort et universel qui est celui de l’émotion partagée devant la cimaise », tels sont les propos d ‘Alain Mingam qui a prêté son concours à cette présentation.

Sarah Caron y montre son travail sur la mode au Pakistan, dont j’ai déjà parlé en février de l’an dernier à l’occasion de son exposition intitulée Movida Massala à l’Hôtel Scribe.

Ali Xeeshan

Sarah va à contre-courant de toutes les représentations habituelles de la femme pakistanaise soumise. La presse ne nous présente généralement qu’un seul aspect du Pakistan : les talibans et les guerres fratricides, et passe à côté de jeunes créateurs qui innovent dans la tradition des tissus d’une grande richesse de couleurs et d’une grande beauté. Cette nouvelle génération de couturiers semble bien décidée à transformer l’image du pays et particulièrement l’image de la femme pakistanaise.

De belles images, originales, à découvrir ou redécouvrir !

Jusqu’au 28 mars

Galerie Hegoa

16 rue de Beaune – 75007 Paris

Du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h

Entrée libre

Origine(s) photographique(s)

Suivant le fil rouge des précédentes expositions de La(b) Galerie Artyfact, Origine(s) se veut être un dialogue autour de l’origine de nos images contemporaines.

Sabrina Biancuzzi travaille par exemple la matérialité de l’image et l’incarne par le geste artistique. Michaël Duperrin propose quant à lui une installation évolutive autour de ses cyanotypes, Cath. An. offre à voir des supports rhodoïd éphémères et joue sur l’effacement de la trace photographique. Ces expérimentations, propres à chaque photographe plasticien, leur permettent de s’approprier l’image et d’incorporer du sens, du personnel, du critique, de l’esthétique autour de la problématique de l’origine.

Parmi les douze artistes présentés, deux ont particulièrement retenu mon attention : Sabrina Biancuzzi et Emilie Arfeuil.

J’ai déjà parlé ici même de Sabrina Biancuzzi à l’occasion de l’exposition que j’avais organisée à La Belle Juliette fin 2012 autour de la série SHE que l’on retrouve ici.

SHE est une collection sans fin d’instants de vie… Comme on collectionne les timbres ou les cartes postales, l’objet du souvenir est lui-même collection­né pour devenir petit à petit le reflet d’une vie passée, rêvée ou réelle. C’est la beauté de l’éphémère, la peur du tout et l’importance du rien.

SHE est réalisée à partir de photographies argentiques, tirées sur papier baryté et retravaillées en techniques mixtes. Chaque image est une oeuvre unique.

Notez bien : petits formats et petits prix !

SHE 404

Dans la série Instant P composée de diptyques, de triptyques de polaroid, Sabrina Biancuzzi construit un univers de la trace où l’on peine à distinguer l’origine.

Chaque séquence d’ Instant P – présente une naissance – une origine.

Au départ il y a l’histoire personnelle, l’histoire familiale, les entraves,

Il y a le besoin d’extérioriser, la catharsis,

Il y a l’envie de réécrire, d’inventer,

De se souvenir, d’oublier,

De changer l’histoire,

De rendre le douloureux, beau,

Et la souffrance, poésie.

Et puis donner la vie à son tour,

Pour offrir ce qu’on n’a pas connu.

Le parcours, comme des étapes, des passages,

L’origine, les origines.

Naitre,

Encore.

 

Quant à Emilie Arfeuil, j’avais découvert son travail fin 2013 à l’occasion des lectures de portfolios organisée par Freelens.

Elle présente ici sa série intitulée Sang-mêlé qui joue sur la multiplicité des origines.

Emilie prend son inspiration dans la photographie ethnologique des XIXème et XXème siècles, témoignage des missions scientifiques et de la rencontre entre l’Occident et « l’autre monde ». Au-delà de la recherche de « types humains », on rêvait, à l’époque coloniale, de pittoresque, d’exotisme, de folklore à travers les corps et costumes inconnus et lointains.

Le regret d’un paradis perdu et du mythe du « bon sauvage », la recherche d’un dépaysement total, sont de plus en plus forts aujourd’hui face à l’uniformisation culturelle mondiale et la disparition progressive des traditions.

Cette série prend le parti d’une ethnologie inventée par la nostalgie du voyageur. Totalement mise en scène en studio à Paris, à partir de documents ethnolo­giques et anthropologiques, elle entremêle costumes, apparats et maquillages traditionnels des cinq continents. On découvre alors une femme multiple, métissée, cosmopolite, aux origines hybrides, au visage de sang-mêlé du monde. Les traditions de continents opposés se confondent jusqu’à perdre leur essence et en générer une nouvelle, façonnée par l’inconscient collectif.

Un plus : chaque photographie est présentée dans un cadre ancien, ce qui rend chaque oeuvre encore plus originale !

emilie_arfeuil_01

 

Dédiée à la photographie contemporaine, la La(b) Galerie Artyfact a ouvert ses portes en avril 2013, au 9 rue Forest proche de la place Clichy dans le nouveau quartier de l’Image (Le Bal, le cinéma des cinéastes, …).

La programmation de la La(b) Galerie Artyfact se partage entre jeunes talents et noms plus reconnus de la photographie contemporaine.

Le parti pris de la galerie est d’élaborer des expositions qui se veulent toujours collectives ainsi que de proposer une sélection d’artistes toujours orientée autour d’un thème fédérateur.

 

Du 5 mars au 18 avril

La(b) galerie Artyfact – 9 rue Forest – 75018

Du mercredi au vendredi de 12h à 19h et le samedi de 14h à 19h.

Entrée libre