Prix Nadar Gens d’images 2015

Le 60e Prix Nadar Gens d’images a été attribué le 29 octobre à l’ouvrage Algérie, clos comme on ferme un livre ? publié par Le Bec en l’air, photographies de Bruno Boudjelal, textes de François Cheval.

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Avec le titre de ce livre, emprunté aux paroles de l’hymne national algérien, le photographe Bruno Boudjelal éclaire une histoire qui est autant la sienne que celle de l’Algérie contemporaine. Sans doute faut-il aussi entendre à travers ce «clos comme on ferme un livre» un lent processus de questionnement intime pour l’artiste qui achève ici la réappropriation de ses origines pour se confronter au présent d’un pays complexe.

Il est désormais possible de voyager en Algérie et Bruno Boudjelal saisit cette liberté nouvelle pour explorer le pays d’est en ouest, dans un road movie saisissant qui croise tout aussi bien le fantôme de Frantz Fanon que des jeunes immigrés clandestins en route pour l’Europe dans des embarcations de fortune.

 

Bruno Boudjelal, Français d’origine algérienne né en 1961 à Montreuil, pratique la photographie comme un mode de vie qui interroge sans cesse sa propre identité. Depuis plus de dix années, il se livre notamment à une exploration très personnelle de l’Algérie, entre carnet de voyage et témoignage, qui vont l’amener à passer du noir et blanc à la couleur, à assumer la subjectivité de son point de vue marqué à la fois par son parcours et par la volonté de mettre en perspective le quotidien et l’histoire d’un pays tourmenté. Son travail est publié dans la presse, fait l’objet de nombreuses expositions et fait partie des collections publiques.

Bruno Boudjelal est représenté par l’agence VU’.

 

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Récompense bien méritée par Bruno Boudjelal et Fabienne Pavia, directrice et fondatrice des éditions le Bec en l’air, maison d’édition indépendante créée en 2001 et basée à Marseille.

Son catalogue s’articule autour de plusieurs thèmes : photographie, art, littérature, patrimoine. Un point commun réunit pourtant la plupart du temps ses publications : le dialogue entre l’image et le texte, entre photographie et récit, à travers une mise en page étudiée et des photographies d’auteur.

Au fil des ans, le catalogue (qui compte plus de 140 titres) s’enrichit d’écritures photographiques variées qui trouvent néanmoins une cohérence éditoriale : la photographie comme outil de questionnement du monde contemporain, qu’il s’agisse de préoccupations documentaires, esthétiques ou intimistes. Photographes reconnus ou émergents s’y croisent, sans exclusion de style ou de sensibilité artistique. Quant aux auteurs des textes – écrivains, essayistes, critiques d’art – ils découvrent dans le croisement avec l’image un mode d’expression stimulant, qui donne souvent lieu à des formes inédites.

 

ISBN 978-2-36744-063-7

Format : 22,5 x 29 cm / 160 pages – 80 photos couleurs et n&b – 42 €

Bilingue (français/anglais)

Coédition le bec en l’air (Marseille) / Autograph ABP (Londres)

 

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Marc Garanger participe à “Honte” en Belgique

La honte est un phénomène tant personnel que social : chaque individu, mais aussi chaque culture l’appréhende différemment. L’exposition Honte (“Schaamte”)

explore le terrain par des voies différentes : par le biais d’objets d’autres cultures, de documents issus de l’histoire de la psychiatrie ou de témoignages actuels. Des artistes modernes et contemporains thématisent ce sentiment dans la peinture, la sculpture, la photographie et la vidéo.

Quelques célèbres portraits de Femmes algériennes réalisés par Marc Garanger en 1960 figurent dans cette exposition, parmi les œuvres de Chantal Akerman, Francis Alÿs, Alioune Bâ, Sarah Baker, Michael Borremans, Claude Cahun, Tom Callemin, Robert Capa, Roy de Villevoye, Jim Dine, Desiree Dolron, Marcel Duchamp, Tracey Emin, Gao Brothers, Siebe Wiemer Glastra, George Grosz, Seymour Jacobs, Gert Jochems, Nicolas Karakatsanis, Willy Kessels, Meiro Koizumi, Frans Masereel, Paul McCarthy, Boris Mikhailov, George Minne, Lauren Moffatt, Hans Op de Beeck, Pablo Picasso, Auguste Rodin, Félicien Rops, Tammo Schuringa, Jan Sluijters, Miroslav Tichý, Patrick Van Caeckenbergh, Philippe Vandenberg, Jan Van Imschoot, Ina van Zyl…

Femme Algerienne 1960

Le Musée Dr Guislain, consacré à l’histoire de la psychiatrie a été créé en 1986 par

le Frère Dr René Stockman, l’actuel Conservateur du musée ainsi que Supérieur général des Frères de la Charité et Directeur général du centre psychiatrique Dr Guislain, qui avaient évalué à sa juste valeur le patrimoine que représentent les anciens bâtiments du site ainsi que les objets qui y étaient conservés.

 

“Schaamte” au musée Dr. Guislain

Jozef Guislainstraat 43 – 9000 Gent – Belgique

Du 31 octobre 2015 au 29 mai 2016

Du mardi au vendredi de 9h à 17h et du samedi au dimanche de 13h à 17h

Musée fermé le lundi et les 24, 25 et 31 décembre et le 1er janvier

 

 

 

L’inquiétante étrangeté de Sabrina Biancuzzi

L’inconscient est la chambre noire où s’élaborent de dangereuses et fascinantes splendeurs, où d’anciennes croyances sommeillent et ressuscitent. Ainsi s’aventure Sabrina Biancuzzi, puisant ses images aux sources d’une enfance encore hantée par les ogres et les fées, exorcisant ses visions au travers d’un bestiaire tout en grâce et cruauté…

Isabelle Floc’h

Le 7ème passager © Sabrina Biancuzzi agence révélateur

“Le 7ème passager” © Sabrina Biancuzzi / agence révélateur

Depuis 2011, la galerie La Ralentie, dirigée par la psychanalyste Isabelle Floc’h, nous ouvre ses portes et ses visions. L’exposition présentée actuellement sous le titre L’inquiétante étrangeté rassemble une cinquantaine de tirages récents de Sabrina Biancuzzi, tirages argentiques rehaussés de pigments par l’auteur bien sûr.

A la fois photographe et graveur, Sabrina Biancuzzi aime le travail de laboratoire et le grain des pellicules d’argent. Elle mélange souvent les techniques, joue des caractéristiques de chaque médium car au-delà de la nécessité que l’image naisse, vient la recherche de matière, essentielle dans son expression.

Dans son travail elle laisse entrevoir l’intimité de ses voyages et de ses rêves : créatures troublantes, images religieuses, icônes classiques, autant de références issues de notre mémoire personnelle et collective, digérées par son inconscient.

Je suis avec attention le travail de Sabrina depuis de nombreuses années, depuis l’exposition Polaroid à la galerie Chambre avec Vues en 2008 et celle intitulée SHE à La Belle Juliette en 2012.

https://agnesvoltz.wordpress.com/2012/10/25/she-la-collection-dune-vie/

 

Sabrina Biancuzzi , née il y a 37 ans en Belgique, vit et travaille à Paris. Spécialisée en photographie argentique et en procédés anciens, elle enseigne la photographie et anime des ateliers d’arts plastiques.

Exposition invitée des Rencontres photographiques du 10ème

Jusqu’au 20 novembre 2015

 

Galerie La Ralentie

22-24 rue de la Fontaine-au-Roi – 75011 Paris

Du mardi au samedi de 14h à 19h

Entrée libre

 

 

 

 

Le Cambodge d’Emilie Arfeuil à Strasbourg

En mars dernier, j’ai déjà parlé ici même du travail d’Emilie Arfeuil à l’occasion de sa participation à l’exposition « Origine(s) photographique(s) avec des portraits qui reflétaient un peu ses thèmes de prédilection : la mémoire, l’intime et les questions identitaires.

La galerie Stimultania à Strasbourg présente actuellement la première exposition personnelle d’Emilie soit 25 photographies accompagnées d’installations vidéo de son émouvant travail sur le Cambodge.

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Un passé sous silence

« Le 17 Avril 2015 a marqué les 40 ans de la prise de Phnom Penh par les Khmers Rouges suivie de plus de 3 ans de violence. Le Cambodge porte toujours en lui les traces de ce génocide et se reconstruit sur le non-dit d’une génération traumatisée. Un pays de silence.

C’est ma ressemblance avec sa sœur disparue qui déclencha ma rencontre avec Tut, un pêcheur vivant à Kampot dans le sud du Cambodge, puis la curiosité réciproque, et le retour de la mémoire. À partir de ce lien ténu s’est tissée une relation de confiance, construite sur plus de 3 ans, pendant lesquels il m’a raconté les tortures subies lorsqu’il était encore adolescent, et jusqu’à présent enfouies en lui. Parce que nous ne parlons pas la même langue, notre communication s’est développée dans le silence, à travers le langage du corps. Les mimes se sont mêlés au quotidien, la violence passée pouvant ressurgir au travers de chaque objet. Une fleur coupée, une amputation ; un fruit ensaché, l’étouffement. Tut est allé jusqu’à se remettre en scène, créer des reconstitutions pour témoigner de ce qu’il a vécu. Cette série partage une rencontre intime et dresse un portrait sensoriel de la mémoire enfouie, la manière dont elle transparaît dans les gestes, les attitudes et les regards, dont elle peut définir une personne et la marquer à vie. »

Émilie Arfeuil

Le projet transmedia « Scars of Cambodia » prend également la forme d’un documentaire de création de 30 minutes réalisé par Alexandre Liebert qui a été récompensé par de nombreux prix depuis 2014 : Prix du meilleur Documentaire (Sedicicorto – Italie, TIFF – Albanie, DocsDF – Mexico, Midff Doker – Moscou), Prix de la meilleure Photographie, Prix de la meilleure Musique originale (Festival International du Court-métrage de Clermont-Ferrand), ainsi qu’une Nomination pour le Prix de la meilleure Photographie (Grand off – Varsovie).

«Scars of Cambodia» a été également sélectionné dans une vingtaine de Festivals à travers le monde.

Ses diaporamas sonores ont été projetés au Mois de la Photo à Paris, au MAP ainsi qu’aux Assises du Photojournalisme.

Que vous soyez à Strasbourg ou non, je vous recommande vivement la visite guidée et commentée de l’expo en vidéo :

https://vimeo.com/141963839

Emilie Arfeuil, un talent à suivre !

Exposition jusqu’au 29 novembre 2015

Galerie Stimultania

33 rue Kageneck – 67000 Strasbourg

Du mercredi au dimanche de 14h à 18h30

Entrée libre