Alexeï Vassiliev, rétrospective

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© Bernard Derenne

Depuis ses premiers travaux photographiques en 2002, la démarche d’Alexeï Vassiliev s’inscrit dans un rapport charnel et fusionnel à la peinture. Dans la grande tradition de l’art pictural classique, du portrait à la scène de genre, de l’art flamand à l’art moderne en passant par la Renaissance italienne ou l’expressionnisme allemand, c’est avec l’oeil du peintre qu’Alexeï Vassiliev photographie.

Comment l’enregistrement mécanique et immédiat d’une image peut-elle rendre la complexité et le rapport au temps d’un sujet peint ? Par un équilibre photographique subtil qu’il définit comme le « flou précis », Alexeï Vassiliev crée une ambiguïté de lecture de ses oeuvres et les inscrit à la frontière de la peinture et de la photographie. Le regardeur oublie la question du medium, seule l’émotion compte.

Alexeï Vassiliev traque dans des lieux d’échanges et de mouvements au coeur des villes ce qui donnera naissance à ses photographies. Dans ces espaces de transition et de passage, l’identité de chacun disparait dans le mouvement de la multitude. A partir d’un geste ou un moment capté, Alexeï sublime la banalité du quotidien.

Pour célébrer les dix années de monstration de son travail, depuis Des-apparitions à la galerie Chambre avec Vues, Vincent Sator présente, sous l’angle de la rétrospective, une quarantaine de photographies, dans un accrochage très dense qui évoque la galerie de tableaux de Sergueï Chtchoukine au début du XXe siècle.

Dix ans d’engagement et de passion d’un artiste dont l’œuvre à la fois subtile et puissante exerce une sorte de fascination sur le visiteur.

A voir absolument

Jusqu’au 24 décembre 2016

Galerie Sator

8 passage des Gravilliers – 75003 Paris

Du mardi au samedi de 14h à 19h

Entrée libre

 

 

 

 

 

 

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Les Dolganes à Montier-en-Der

L’aventure du Festival Photo Montier commence il y a 20 ans, lorsqu’une bande de copains, passionnés de photographie et de nature, décident d’organiser un salon autour de la prestigieuse exposition du concours “Wildlife Photographer of the Year” organisé chaque année par le BBC Wildlife Magazine et le musée d’histoire naturelle de Londres. Cette compétition est la plus importante au monde dans le domaine de la photographie de nature.

Cette première manifestation accueille près de 4 000 visiteurs en deux jours. Dès la deuxième édition, le “salon” se transforme en “festival” et devient rapidement l’événement incontournable pour les photographes amateurs et professionnels, pour les amoureux de la nature et le grand public. Chaque année, des personnalités venues d’horizons différents sont invitées à parrainer le festival. Citons notamment Allain Bougrain-Dubourg, Yann Arthus-Bertrand, Hubert Reeves, Nicolas Vanier, Matthieu Ricard, Isabelle Autissier. Le festival accueille aussi de grands photographes français et étrangers.

Depuis 1996, 590000 festivaliers, 32000 photos exposées et 1600 photographes invités !

Pour les 20 ans du festival la transmission a été choisie pour thématique forte à travers deux axes : ethnologie et nature.

Nicolas Mingasson a été invité à présenter Destins Dolganes, dont j’ai déjà parlé en février dernier à l’occasion de son exposition au Musée de l’Homme à Paris.

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Les Dolganes du Nord Taïmyr (Sibérie) comptent parmi les populations les plus isolées de l’Arctique russe. Si une large part de cette population d’éleveurs de rennes est sédentarisée, quelques familles continuent à nomadiser au rythme de la transhumance des troupeaux. Ces peuples du Grand Nord russe restent très largement méconnus ; aux conditions extrêmes de l’Arctique s’ajoute l’isolement administratif : toutes ces familles vivent dans des régions longtemps interdites aux étrangers

Rappelons que Nicolas Mingasson est photographe et journaliste. Son travail porte le plus souvent sur le quotidien d’hommes et de femmes placés dans des situations extrêmes, qu’il s’agisse de situations de conflits (Bosnie, Rwanda, Afghanistan) ou de populations autochtones de l’Arctique. Nicolas compte parmi les rares occidentaux à avoir régulièrement parcouru la région de la péninsule de Taïmyr.

Du 17 au 20 novembre 2016 de 9h à 19h

Site Cosec – 52220 Montier-en-Der

 

 

Les toits de Paris d’Alain Cornu : le livre et l’exposition

Sur Paris

Il y a un mois environ, j’ai annoncé la sortie prochaine du livre de photographies d’Alain Cornu sur les toits de Paris dans la continuité de l’exposition au Salon du Panthéon l’an dernier. J’avais même fait appel à votre générosité pour le succès du financement participatif.

Le livre est paru, il est magnifique, vous pouvez le trouver dès aujourd’hui à la galerie Thierry Bigaignon qui n’a pas hésité un instant avant d’ajouter Alain Cornu à la programmation de sa galerie : « Grâce à son oeil aiguisé, à sa ténacité et à sa maîtrise picturale, Alain Cornu nous offre son écriture de la lumière, et nous donne à voir la ville selon une formule qui plairait à Verlaine : ‘pardessus le toit’ ». Véritable coup de coeur du galeriste, tant pour ses images que pour sa personnalité, Alain Cornu signe là sa première collaboration avec la galerie.

_dsc2110b© Didier Pazery

Avec une palette de couleurs douces, Alain Cornu met l’accent sur les angles et les recoins cachés, les lanterneaux et les alcôves habituellement négligés. D’une pose longue sous un ciel généralement couvert, il capture le jeu théâtral de la capitale, à la faveur de la nuit et des lumières de la ville.

Revisitant le romantisme de la capitale, il laisse s’exprimer dans cette série toute la poésie du paysage urbain à travers des dizaines de photographies, toutes plus fascinantes les unes que les autres. Paris semble être pour lui une source d’inspiration inépuisable et prend sous son objectif une dimension nouvelle.

Tout pour plaire à la vraie parisienne que je suis !

Une séance de signature est prévue durant la foire parisienne Fotofever, au Carrousel du Louvre, samedi 12 novembre, de 12h à 14h, sur le stand de la galerie (#204).

Galerie Thierry Bigaignon

Hôtel de Retz – Bâtiment A – 9 rue Charlot 75003 Paris

Du mardi au samedi, de 12h à 19h, et sur rendez-vous.

Sarah Caron à Montélimar

C’est pour relever le défi de faire mieux connaître la photographie d’auteur que l’association Présence(s) Photographie est née en 2013 à Montélimar.

Cette année le festival a pris de l’ampleur, il a étendu son action alentour :

Meysse, Le Teil, Dieulefit, Saint-Paul-Trois-Châteaux, Saint-Restitut…

D’une semaine, sa durée est passée à 2 semaines dont 3 week-ends.

Depuis 2015, le festival édite le catalogue des expositions, et sa fréquentation

dépasse les 2 500 visiteurs.

 

En 2016, Présence(s) Photographie #3, c’est 30 photographes,

18 lieux d’expositions, 14 vernissages, 7 conférences-débats, 4 séances de projection grand écran… Rencontres, dédicaces, animations scolaires, soirées, visites commentées …

Parmi les photographes exposés, 3 invités d’honneur :

– Denis Brihat, qui, depuis plus de cinquante ans, vit son métier comme une ascèse destinée à « rendre la substance et la quintessence de la chose elle-même » (Edward Watson).

– Sarah Caron, la grande photographe reporter, présente Odyssée moderne : un travail remarquable sur la question des migrants.

– Alain Gualina expose Les naufragés ou la géographie du doute, récit photographique qui, entre mythes et réalités, interroge l’appartenance à un lieu.

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Odyssée moderne est le titre du reportage en N&B de Sarah Caron qui a fait le voyage avec les migrants clandestins du Sahara à la grande bleue.
Une vie meilleure est la motivation principale qui pousse chaque mois des dizaines de jeunes africains à quitter leur pays, par la route, en direction de l’Europe. Disposant bien souvent de peu de ressources, les routes de l’espoir comme on les appelle là-bas, se transforment rapidement en routes du désespoir. Plus d’argent, pas de travail, le voyage peut prendre des mois. En situation d’attente, entre foi et réalité, j’ai rencontré, du Niger à l’Algérie, ces aventuriers d’un nouveau type.

Rencontre avec Sarah Caron le 3 décembre à 16h à la Halle de Dieulefit.

Du 18 novembre au 4 décembre 2016

Centre d’art Espace Chabrillan – Ancienne Chapelle Chabrillan

127 rue Pierre Julien – 26200 Montelimar

Du lundi au vendredi de 14h à 18h

Samedi et dimanche de 10h à 12h et de 14h à 18h

Entrée libre

Evanescence de Jacques Borgetto

Fût-ce en mille éclats

Elle est toujours là

La lune dans l’eau

Le livre commence par cet haïku de Ueda Chôshû (1852-1932) et on est déjà ailleurs … au Japon bien entendu.

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Je parle du dernier livre de photographies de Jacques Borgetto qui réunit son magnifique travail réalisé au Japon au printemps 2016 en Polaroid, pour être plus précise avec du matériel Impossible Project.

Rappelons qu’en 2008, alors que la toute dernière usine de production de films Polaroid est sur le point de fermer ses portes, deux passionnés décident de sauver le procédé.C’est la naissance d’Impossible Project. Durant 2 ans, à tâtons, les 12 premiers employés d’Impossible effectuent des recherches très complexes pour adapter l’ancien film aux normes de production du 21eme siècle. En 2010, un premier “nouveau film” voit le jour.

Depuis le “projet Impossible” a bien grandi, et produit plus d’1 million de pellicules par an distribuées à travers le monde, en couleur et en noir & blanc. En plus du film, ce sont aussi 200 millions d’appareils qui sont reconditionnés et ainsi sauvés de la désuétude.

Au printemps 2016, Impossible lance le premier appareil instantané au format classique Polaroid® depuis 2002.

Avec ce matériel,le travail habituel de Jacques Borgetto en N&B très contrasté s’est allégé jusqu’à disparaître comme derrière un voile, d’où le titre de l’ouvrage « Evanescence ».

Laura Serani, auteur du texte, en parle très bien :

Le Japon représente un nouveau chapitre dans le parcours et dans l’œuvre de Borgetto, un chapitre où résonne une autre et nouvelle musique. De ses derniers voyages, il a rapporté une série de petites images, précieuses comme des bijoux. Envoûtantes comme des élixirs et apaisantes comme du baume. Très différentes des précédentes par leur forme et leur composition, mais encore une fois habitées par une pudeur et une délicatesse dont il est maître.

Le nom de la série « Évanescence » restitue bien l’esprit d’une photographie empreinte de respect et de nostalgie pour un monde qui perpétue encore le culte du passé et des traditions. Au cœur du Japon d’aujourd’hui, dans une dimension hors du temps, survivent les rituels des vœux et des offrandes aux dieux, aux temples de la cité monastique de Koyosan, bien que l’on puisse désormais y arriver directement depuis l’aéroport et que les tours touristiques s’y succèdent, tout au long de la journée. Tout comme se poursuit l’enchantement des promenades rituelles, le long du Chemin de la Philosophie, au milieu des cerisiers et de la végétation, immuable depuis des siècles, des jardins de Kyoto.

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A l’occasion de la parution de ce livre chez Filigranes, la galerie Cosmos organise une exposition que je vous recommande. Elle réunit une vingtaine de tirages N&B et couleur de accompagnés des polaroids originaux, comme des références.

Evanescence

Texte de Laura Serani Anglais/Français – Reliure en couture japonaise

24 photographies en couleurs – 56 pages

Filigranes éditions

Prix : 25 €

 

Exposition du 3 novembre au 11 décembre 2016

Galerie Cosmos

56 boulevard La Tour Maubourg – 75007 Paris

Entrée libre