Prix Nadar Gens d’images 2014

Filigranes_Laurent Millet _ Photographe_ Les enfantillages pittoresques_025   Le Prix Nadar 2014 a été attribué le 23 octobre à l’ouvrage  Les enfantillages pittoresques, un livre de Laurent Millet publié par Filigranes Editions, textes de Michel PoivertArthur Kopel et Christine Besson. Il a été proclamé le mardi 28 octobre à la Bibliothèque nationale de France.

Dans son travail de photographe et de plasticien, Laurent Millet compose les chapitres d’une encyclopédie imaginaire, peuplée d’objets qu’il construit dans des décors naturels ou dans son atelier. Ses assemblages sont des hybrides d’objets traditionnels, scientifiques, architecturaux, aussi bien que d’œuvres d’artistes dont il affectionne le travail.

De quoi s’agit-il ? De sculpture ? De dessin ? De bricolage ? D’installation ? L’artiste met en place des « machineries poétiques » qu’il photographie ensuite et cette image finale vient justifier toutes les étapes qui l’ont précédée.

À sa façon, s’appuyant plus souvent sur une certaine érudition de sa maladresse que sur son habileté, il s’efforce de questionner les images : celles qu’il produit, et celles qui, latentes, attendent dans le paysage, dans les objets, d’être éveillées. Il se penche ainsi sur leurs modes d’apparition, leur persistance, leur nature concrète, leur identité incertaine. D’un point de vue général, la notion de série est importante dans le travail de l’artiste. Elle le structure en profondeur. Certaines sont conçues comme des voyages.

Photo Laurent Millet Courtesy La Galerie Particulière

L’herbier – Photo Laurent Millet – Courtesy La Galerie Particulière

Les éditions Filigranes poursuivent un cheminement original et audacieux pour s’être spécialisées dans l’édition photographique et l’édition d’artistes. Les choix éditoriaux vont d’auteurs connus à des premiers livres.

Fondées il y a 26 ans par Patrick Le Bescont, leur catalogue contient 540 titres. La démarche éditoriale de Filigranes est de conjuguer, dans des livres singuliers, l’image et l’écriture, faisant ainsi se croiser les regards et les sensibilités d’auteurs photographes, d’artistes et d’écrivains contemporains, sans exclusion de styles ou de genres.

Laurent Millet, né en 1968, se consacre à la photographie depuis le début des années 1990. Il vit dans des paysages où l’eau, la terre, le ciel se confondent, au bord de l’estuaire de la Gironde, dont il fait son territoire de travail. Il est représenté à New York par Robert Mann Gallery et à Paris par La Galerie Particulière. Laurent Millet a publié en 2002 chez Filigranes « La méthode » un livre d’artiste sous forme de leporello de six mètres et « Petites machines à images » en 2008.

Le lauréat bénéficiera d’un atelier, organisé par Gens d’images, à l’auditorium de la MEP le jeudi 18 décembre à 18h. Il sera animé par Armelle Canitrot, responsable service photo et critique photo, La Croix avec Patrick Le Bescont, fondateur et directeur des éditions Filigranes ; Laurent Millet, photographe et plasticien ; Alaric Garnier et Emmanuelle Buchet, graphistes et Christine Besson, conservateur en chef, musée des Beaux-Arts d’Angers.

Le Musée des Beaux-Arts d’Angers consacre jusqu’au 16 novembre une exposition à Laurent Millet en partenariat avec La Galerie Particulière, Paris.

Le jury présidé par Michel Frizot, historien de la photographie, réunissait :

Sylvie Aubenas, conservateur général, directeur du département des Estampes et de la photographie, Bibliothèque nationale de France

Pascal Beausse, directeur des collections, Centre national des arts plastiques

Molly Benn, rédactrice en chef de OAI13

Emilie Bernard, bibliothécaire et documentaliste, musée Nicéphore Niépce

Béatrice Didier, co-directrice, le Point du jour, centre d’art éditeur

Christine Coste, journaliste, L’œil et Journal des Arts

Nicolas Fargette, responsable arts, librairie l’Atelier d’à côté, Paris 20e

Estelle Flavet, direction de l’action culturelle, Fnac

Jean-Marc Lebreton, audit, conseil et formateur en arts graphiques, co-directeur de l’ouvrage « Le Management de l’Entreprise d’Edition »

Gaëlle Mauduit, directrice de l’agence éditoriale Gaëlle Mauduit éditions

Isabelle Mascaras, iconographe, groupe Magnificat, déléguée adjointe du Prix Nadar Gens d’images

Sarah Moon, photographe

Et moi-même

 

Les enfantillages pittoresques

Collection Hors collection, co-édition Musées d’Angers

ISBN 978-2-35046-310-0

Format 17 x 24 cm – 200 photographies noir et blanc et couleur

Français/Anglais

29 €

 

Musée des Beaux-Arts d’Angers

14, rue du Musée – 49100 Angers

 

 

 

Øyvind Hjelmen à l’Hôtel Scribe

Dans le cadre de la 18è édition du Mois de la photo à Paris organisée par La Maison Européenne de la Photographie, la Galerie des Nouvelles Images de l’Hôtel Scribe présente Moments Reflected, exposition de photographies du norvégien Øyvind Hjelmen.

Moments Reflected est une collection de souvenirs, fragmentés, comme les notes d’un journal intime. Il y a dans la vie des instants agréables et puis ceux qui soulèvent des questions difficiles et graves. Nos vies sont faites de ces moments, ils sont des fragments d’une existence, ils évoquent des drames humains sans âge.

Øyvind Hjelmen réalise lui-même ses tirages argentiques, presque toujours en petit format, et les présente dans de petites boîtes en carton ou en fer-blanc. Chaque image est alors unique. Alors que la plupart des images sont aujourd’hui visionnées sur écran, Øyvind Hjelmen considère que le fait de pouvoir tenir un tirage dans une main ou de feuilleter un ensemble de tirages conservés dans une petite boîte est une expérience précieuse. Elle intensifie le plaisir d’une rencontre intime avec la magie qui s’opère lorsque la lumière, l’argent et des produits chimiques se combinent pour immobiliser un instant et fabriquer un souvenir.

Il réalise également des œuvres de dimensions plus importantes.

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 Øyvind Hjelmen, né en 1957, est photographe depuis 20 ans. Il vit et travaille sur l’île de Stord, au large de la côte ouest de la Norvège.

Pour mémoire, sa première exposition à Paris, Elsewhere, avait été présentée en 2009 à la galerie Chambre avec Vues.

 

Du 25 octobre au 2 décembre 2014

Hôtel Scribe – Galerie des Nouvelles Images

Du lundi au samedi, de 10 h à 19 h

1 Rue Scribe – 75009 Paris

Entrée libre

Cyril Le Tourneur d’Ison dans We demain

Au confluent du voyage et du témoignage, Cyril le Tourneur d’Ison publie ses reportages depuis vingt cinq ans dans la presse magazine française et étrangère. Des reportages à caractère humanitaire, environnemental, des portraits de villes, de Damas à Valparaiso, en passant par des sujets liés au Patrimoine Mondial, à l’art de vivre, son travail couvre une large variété de sujets à travers le monde.

Les photographies publiées dans le dernier n° de We demain, sont radicalement différentes de ce que l’on connaît de lui. Extraites d’une série qu’il nomme  Géographie du désastre, elles révèlent la douleur de l’auteur devant la destruction organisée de son fief familial, en Mayenne, devant les cicatrices dans le paysage laissées par la création de la LGV Le Mans-Rennes.

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Dans ce travail photographique, les négatifs sont dégradés pour mieux percevoir le gémissement de l’air, des sols et des végétaux, sous le staccato des machines de terrassement. L’habillage, le vieillissement, l’usage d’encre de Chine sur le cadre de chaque image, sont là pour donner l’illusion que ces bouleversements datent d’une autre époque. Comme si la modernité, le progrès technique dans ses excès, étaient voués prématurément à l’obsolescence, à l’usure du temps.

Depuis ses premières prises de vues en 2012, le chantier a avancé, Cyril Le Tourneur d’Ison va sans doute continuer, en couleur cette fois, et étendre son champ d’action aux départements limitrophes, comme la Sarthe, également affectés par ces bouleversements.

WE DEMAIN n° 8 Automne 2014

(p 36-41) – 12 €

“Gilles Caron, le conflit intérieur” au programme du prochain atelier Gens d’images

L’exposition “Gilles Caron. Le conflit intérieur” créée en  2012 au musée de l’Élysée à Lausanne est présentée au Château de Tours jusqu’au 2 novembre prochain.

Michel Poivert, co-coorganisé par l’association Gens d’images le jeudi 23 octobre 2014, de 18h15 à 19h45 à la Maison Européenne de la Photographie.

Biafra war of secession

Guerre du Biafra, soldat de l’ethnie Ibo, Biafra, 1968 © Fondation Gilles Caron

Gilles Caron (1939-1970), figure mythique du photojournalisme, a couvert les grands conflits des années 60 principalement pour l’agence Gamma qu’il rejoint peu après sa création en 1966.  En cinq années, avant de disparaître lors d’un reportage au Cambodge, il produit plus de cinq cents reportages dont certains marquent l’histoire du photojournalisme. Homme d’action tout autant qu’esprit littéraire, le conflit est pour lui un enjeu d’information et un questionnement personnel. À Paris, Londonderry ou Prague – entre 1968 et 1969 –, les reportages qu’il réalise portent la marque de cette réflexion, qui annonce la crise du photojournalisme. Ses archives sont conservées à la Fondation Gilles Caron.

Michel Poivert, au travers de vues de l’exposition de Tours ainsi que de photos d’archives, évoquera ses choix méthodologiques pour passer du stade de la recherche à celui de l’exposition et analysera les enjeux de recherche sur l’histoire du photojournalisme.

Maison européenne de la photographie, 5-7 Rue de Fourcy, 75004 Paris

Entrée libre dans la limite des places disponibles

Les actualités de Sophie Zénon

Dans le dernier numéro d’Images magazine (n°66 septembre-octobre 2014) 8 pages sont consacrées à Sophie Zénon qui présente plusieurs expositions cet automne.

Après celle de Lyon dont j’ai déjà parlé,  Miroirs et simulacres  est le résultat de la carte blanche du Musée d’Etampes sur ses collections à l’occasion de ses 140 ans. Sophie livre ici son interprétation des bustes du sculpteur étampois Elias Robert(1819-1874) dont le fonds est à l’origine de la création du Musée.

Autre actualité, et non des moindres, l’exposition  Faites vos vœux ! Ex-voto d’artistes contemporains  au Musée du Montparnasse, dans le cadre de la programmation hors les murs du Musée de la Poste.

Rappelons qu’un ex-voto est une offrande faite à un dieu en demande d’une grâce ou en remerciement d’une grâce obtenue. Ces objets peuvent prendre de multiples formes : statuettes ou plaques de marbre gravé, crucifix, tableaux …

Autour d’une quarantaine d’ex-voto traditionnels, sont réunies les œuvres de 13 artistes, français et étrangers, dont une pièce étonnante de Sophie Zénon : un grand retable  Le corps à vif, polyptyque réalisé à partir de 27 photographies de cires anatomiques napolitaines de la fin du XVIIIe siècle. A voir absolument !

14) Sophie Zenon

Miroirs et simulacres

Jusqu’au 25 octobre

Musée d’Etampes

Cour de l’Hôtel de Ville – 91150 Etampes

Du mercredi au dimanche de 14h à 17h sauf jours fériés.

Tarif : 2 €

Faites vos vœux !

Jusqu’au 3 janvier 2015

Musée de la Poste au Musée du Montparnasse

Chemin du Montparnasse – 21 avenue du Maine – 75015 Paris

Du lundi au samedi de 13h à 18h

Entrée libre

Eric Valdenaire gagnant du tirage de Salgado

A l’occasion de son 60e anniversaire, l’association Gens d’images a organisé le samedi 11 octobre une vente aux enchères exceptionnelle de tirages photographiques des lauréats des Prix Niépce, Nadar et Arcimboldo qui a été suivie par le tirage au sort d’un magnifique tirage offert à l’association par Sebastiao Salgado.

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C’est Eric Valdenaire, auteur-photographe, l’heureux gagnant de cette photographie “Antarctica” tirée de la série Genesis.

Eric Valdenaire travaille sur les différents aspects du textile. Il a récemment exposé à la LPgalerie, quai de Seine à Paris une série très originale sur les reprises.

Allez voir son site : http://ericvaldenaire.com

 

Portrait de ville : Asmara par Marco Barbon

Bienvenue à Asmara, la capitale de l’Erythrée, surnommée la nouvelle Rome.

Ex-colonie du pays de Fellini durant plus d’un siècle, l’Italie a eu pour ambition de construire à Asmara une nouvelle métropole. Vestige de ce désir, l’architecture moderniste et rationaliste témoigne, avec un prestige fané, d’années fastes.

Marco Barbon est italien. A travers ce Portraits de Villes, il rend un hommage à Asmara empreint de bienveillance et de nostalgie. Depuis l’établissement du nouveau gouvernement en 1993, il est interdit de prendre des photos sans autorisation. Marco Barbon n’en a pas demandé. Il a tout photographié au Polaroid SRL 690 pour la rapidité et la maniabilité de l’appareil, pour sa pellicule soulignant une forme d’ambiguïté temporelle et atténuant les contrastes d’une lumière trop forte.

Ce voyage photographique sublime la décadence d’un pays laissé à l’abandon. C’est une ode paradoxale à la lenteur et à la simplicité imposées par la dictature. Un témoignage gracieux et touchant.

 

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Un texte de Léonard Vincent, journaliste et écrivain français, accompagne les photographies de Marco Barbon. Spécialiste de l’Erythrée, il a publié en 2012 un récit de trois années d’enquête et de voyages, intitulé Les Erythréens.

Portraits de Villes™ est une collection de livres éditée par be-poles.

L’artiste invité se voit proposer une carte blanche pour illustrer la ville de son choix. Chaque Portraits de Villes est un voyage unique guidé par le regard singulier d’un artiste, reconnu ou émergent, qui a été choisi pour la richesse et la sensibilité de son vocabulaire.

 

Asmara – Marco Barbon

Collection Portraits de Villes – Editions be-poles – 64 pages – 20 €

En librairie à partir du 15 octobre

 

Pour mémoire, la galerie Chambre avec Vues avait exposé Marco Barbon en 2009 à l’occasion de la parution de son beau livre « Asmara Dream » aux éditions Filigranes.