1929 jours

Nicolas Mingasson, photographe, écrivain et journaliste, vient de publier un livre sur l’engagement des armées françaises, intitulé 1929 jours. Si l’ouvrage traite de l’engagement français en Afghanistan, l’auteur a choisi de s’intéresser plus particulièrement au deuil de guerre au 21e siècle.

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« Ils ne se rendent pas compte, ils vont, viennent, marchent… mais qui, au milieu d’eux, sait qu’aujourd’hui ma vie est changée, que mon fils est mort, que deux soldats sont morts pendant qu’eux continuent de vivre ? J’avais la rage. J’étais en colère de les voir vivre, vivre comme je vivais encore quelques instants auparavant. Mon fils était mort et je ne le reverrai plus ! »

Depuis elle compte… 1929 jours.
Ils étaient 90.
Ils avaient des camarades d’arme, des chefs, des amis, des épouses, des enfants, des pères et des mères. Militaires français, ils sont partis combattre en Afghanistan et ne sont pas revenus.
Nicolas Mingasson a passé deux années à recueillir les mots des proches qui lui ont ouvert leur porte et confié ce qu’ils ont vécu depuis le jour où leur fils, leur mari, leur père ou leur frère s’est engagé dans l’armée. Ces poignants témoignages racontent des vies bouleversées par des événements lointains qui, une fois les hommages nationaux rendus, laissent les proches des victimes seuls, aux prises avec un deuil long et difficile.

Rappelons que Nicolas Mingasson n’en est pas à son premier ouvrage sur le conflit afghan. Il avait publié en 2012 « Afghanistan, la guerre inconnue des soldats français » aux éditions Acropole.

Nicolas Mingasson, 1929 jours, Les Belles Lettres, 384 pages, 23€.

Ouvrage publié avec le soutien de l’association Solidarité défense et de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG).

 

 

 

 

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Papiers s’il vous plaît !

Le titre sous forme d’invective de cette exposition dit bien le rapport que la matière photographique entretient avec l’ordre dès l’introduction de son utilisation dans les procédés judiciaires au milieu du 19ème siècle. Que ce soit pour un permis de conduire, une carte de famille nombreuse, d’étudiant, ou même la carte vitale, nous sommes tous soumis un jour où l’autre à l’exercice de la photo d’identité. Inspirée des procédés anthropométriques créés par Bertillon, prise par un photographe professionnel ou par un photomaton, la photographie d’identité répond à un certain nombre de critères et de normes qui font d’une photo qu’elle est recevable ou non pour une utilisation officielle.

Traversant les époques, la photographie n’a cessé, depuis son invention, de se plier aux besoins de l’identification et du fichage, thème encore aujourd’hui d’actualité.

S’appuyant sur les fonds du Musée Nicéphore Niépce et sur la collection Ivan Epp, cette exposition produite par La Chambre à Strasbourg, a donc pour vocation de présenter le rapport ambigu de la photographie avec le rôle qu’elle endosse dès qu’il est question d’identité judiciaire.

photographies-didentite-judiciaire-anonyme-usa-annees-1960Photographies d’identité judiciaire – Anonyme, USA, années 1960. MNN 2006.172.2
© Musée Nicéphore Niépce, Chalon-sur-Saône

Mais dans un contexte de surveillance et de contrôle des populations nait parfois l’acte de résistance, le pas de côté qui laisse transparaître l’individualité, la personnalité, la désapprobation derrière le constat simple de l’individu et de l’uniformisation du groupe. Marc Garanger en est l’exemple parfait quand en 1960, dans le cadre de son service militaire, il photographie en pleine guerre d’Algérie les femmes forcées à se dévoiler.

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Quant à la collection d’Ivan Epp, elle est tout à fait étonnante. À l’occasion de la commémoration de la libération de Strasbourg, ce strasbourgeois a commencé en 1994 une collection de documents d’identité, avec une sélection précise et rigoureuse de documents historiques (lettres de soldats, photos de famille), excluant les ouvrages, journaux ou cartes postales édités à de nombreux exemplaires. Les pièces d’identité – alsaciennes notamment – réalisées en période de guerre, lors de l’occupation et au moment de la libération répondent exactement à ses critères. À l’affut des ventes proposées dans la région, il a ainsi acquis des lots de documents familiaux complets couvrant parfois 2 à 3 générations.

Allez-y, pas besoin de papiers, l’entrée est libre !

Jusqu’au 31 décembre 2016

Maison de la Photographie Robert Doisneau

1, rue de la Division du Général Leclerc – 94250 Gentilly, France

Du mercredi au vendredi 13H30 / 18H30

Samedi et dimanche 13H30 / 19H00

 

Fleur de Peau

C’était le titre de l’exposition de photographies de Patricia Canino que la galerie Chambre avec Vues a présentée il y a tout juste dix ans, composée essentiellement de magnifiques diptyques femmes/fleurs réalisés à partir de transfert de polaroid.

Patricia Canino a conservé ce beau titre pour la même série de photographies de fleurs, qu’elle présente actuellement dans une nouvelle petite galerie qui est aussi un atelier de création : Les Glaneuses à Fontenay-sous-Bois.

Des fleurs aux couleurs si éclatantes, à la texture si veloutée …

Pour mieux voir, il faut toucher.

Quand les mains sont des yeux, le regard se fait tactile.

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Patricia Canino, avec élégance et sensualité, nous offre ici des images qui se touchent des yeux. Elle manie la lumière comme une matière, du pigment, de la gouache, de la glaise, avec la dextérité du geste du peintre ou du sculpteur.

La série Fleur de Peau est née d’une technique particulière qui opère un transfert par contact des pigments de l’émulsion photographique sur du papier aquarelle. La matière devient vivante, corps de lumière et de couleurs.

Les tirages numériques ont été réalisés par l’auteur en une série de 20 exemplaires en Digigraphie avec des encres Ultrachrome sur papier Velin d’Arches Fine Art 300 gr.

Le velouté de la fibre 100% coton met en valeur l’aspect tactile et sensuel des images.

Pensez d’ores et déjà aux cadeaux de Noël : ces magnifiques tirages originaux feront des heureux !

Jusqu’au 30 décembre 2016

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Galerie Les Glaneuses

24 rue Jules Ferry – 94120 Fontenay-sous-Bois

Du lundi au vendredi de 9h30 à 18h

Entrée libre

Les toits de Paris d’Alain Cornu : le livre

Sur Paris est un projet artistique et photographique entamé en 2009 par le photographe Alain Cornu. Avec cette série de photographies, cet amoureux de Paris, veut rendre hommage à la ville et amener à la regarder différemment en donnant à voir ce qui est caché au passant de la rue, antennes, cheminées, travail du zinc et en permettant de découvrir les immeubles et les monuments parisiens sous un nouvel angle.

J’ai déjà parlé ici même du travail d’Alain Cornu sur les toits de Paris à l’occasion de l’exposition que j’ai organisée au Salon du Panthéon du 7 mai au 24 juillet 2015.

Depuis cette exposition, Alain Cornu a fait de nombreuses nouvelles prises de vues et un projet de livre est né. Encore fallait-il un texte qui explorerait le même univers. « J’ai donc écrit une nouvelle dont l’histoire fait écho aux lieux photographiés » raconte Alain Cornu.

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Ce magnifique livre, imprimé par Escourbiac qui est une garantie de qualité, sortira début novembre à l’occasion d’une nouvelle exposition à la galerie Thierry Bigaignon dont je reparlerai. Il s’agit d’une auto-édition que l’artiste finance en partie. Il ne prend donc aucune rémunération pour ce travail et l’imprimeur a réduit au minimum ses coûts de conception et de fabrication.

Je vous invite tous à soutenir cette édition :

https://www.kisskissbankbank.com/fr/projects/sur-paris-un-voyage-nocturne-sur-les-toits-de-la-capitale

Faites-moi confiance, vous ne serez pas déçus !