Un nouveau livre sur le commandant Charcot

 

Dans la continuation de l’exposition Quand Charcot gagnait le sud à la Maison de l’Amérique latine il y a tout juste un an, je suis heureuse de vous annoncer la sortie en librairie le 26 septembre d’un bel ouvrage publié par les éditions Larousse :

 

L’aventure des pôles, Charcot, explorateur visionnaire

avec une préface de Jean-Louis Étienne

L'aventure des pôles

Les pôles sont au coeur du changement climatique qui touche l’ensemble de la planète car c’est là où l’impact y est le plus fort.

Jean-Baptiste Charcot, commandant de deux expéditions en Antarctique, douze en Arctique, grand humaniste et navigateur hors-pair, a été un visionnaire sur l’importance de la fragilité des pôles et donc de notre planète. Il a transmis un flambeau qui, de Paul-Émile Victor à Jean-Louis Étienne, éclaire toujours les recherches actuelles.

D’Ushuaia aux terres australes, de Jan Mayen aux îles Féroé jusqu’au Groenland, Charcot et ses équipes ont parcouru des paysages d’une beauté époustouflante, et souvent dans des conditions extrêmes. Ils ont enrichi le patrimoine scientifique comme personne ne l’avait fait auparavant, et révélé au public un monde encore inconnu. L’oeuvre que l’explorateur laisse est immense : près de 4 000 kilomètres de côtes découverts, des cartes marines, des collections botaniques, géologiques et zoologiques d’une richesse inouïe.

Pour faire revivre ces grandes expéditions, plus de 300 photographies des explorations polaires de Charcot accompagnent un récit détaillé et enrichi de ses propres textes. Au fil de ces pages, découvrez la vie des marins et scientifiques lors des missions polaires, leurs craintes et leurs espoirs, et un bout du monde fascinant sur lequel repose aujourd’hui plus que jamais l’équilibre de la planète.

En plus des photographies dont certaines inédites, ce beau livre rassemble des documents d’archives et des entretiens passionnants avec Olivier Roellinger, Isabelle Autissier, Enki Bilal, Claudie Haigneré, Daphné Victor, et des spécialistes du climat et des pôles…

Vous l’aurez compris, j’en suis l’auteur de même que Nicolas Mingasson, photographe et auteur, fondateur de l’Observatoire Photographique des Pôles et Vincent Gaullier, journaliste, réalisateur et producteur pour l’agence Look at Sciences.

Un livre en partenariat avec Météo France et le Muséum national d’Histoire naturelle.

A retrouver dans toutes les bonnes librairies à partir du 26 septembre

224 pages

29,95 €

 

 

 

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Inchallah Cuba !

Dans l’imaginaire collectif, Cuba est essentiellement catholique. Une image que viennent renforcer les nombreuses et sublimes églises du pays. Tout le monde connaît La Havane avec ses façades surannées, ses vieilles voitures américaines pétaradantes, son Malecón mythique, sa cathédrale grandiose…

Et pourtant … C’est au détour d’une ruelle du centre de la Vieille Havane que Sarah Caron découvre la première « salle de prière » musulmane de Cuba. Dans cette salle rénovée avec l’aide de l’Arabie saoudite, la photojournaliste rencontre une poignée de fidèles, membres de la petite et discrète communauté des Cubains convertis à l’islam. La mezquita (mosquée), comme ils l’appellent, ne manque pas d’interloquer les touristes occidentaux qui passent devant.

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Sur le Malecon (la promenade maritime), Hamed et ses amis prennent le frais en fin de journée avant de retourner à la « mezquita », salle de prière. Leur vie tourne autour des horaires de prière, ils ont arrêté toute autre activité. La Havane, Cuba.
© Sarah Caron pour Le Figaro Magazine

Sarah Caron connaît bien Cuba, elle y a souvent séjourné, elle y a même fait ses premières photographies en 1994. J’ai déjà eu l’occasion de parler de son travail sur la mode à Cuba en mai dernier.

Son dernier reportage en couleur sur l’Islam à Cuba  « Inchallah Cuba ! » est exposé à Perpignan dans le cadre de la 29e édition du Festival international de photojournalisme Visa pour l’image.

Je vous le recommande !

Eglise des Dominicains – 66000 Perpignan

Jusqu’au 17 septembre

De 10h à 20h

Entrée libre

Marc Garanger

Nouvelle exposition de photographies de Marc Garanger organisée par ses proches, notamment son fils Martin, constituée à partir de la réserve de Marc : quelques beaux tirages réalisés par Martin Garanger à son atelier, des tirages ‘king size’ des images de la Yakoutie faits dans les années 90 au ‘Mètre Carré’ chez Picto rue de la Roquette et des beaux tirages 30×40 cm n&b argentiques faits sur papier baryté cartoline par feu Georges Fèvre (essentiellement des portraits de Femmes Algériennes).

Femme Algerienne 1960

L’exposition se tiendra au Château de Nogent-le-Roi

du 2 septembre au 21 octobre 2017

Le château est ouvert les mercredis, samedis et dimanches de 14h à 18h.

Le vernissage aura lieu le dimanche 3 septembre 2017 à 16h en présence de Marc Garanger.

Allée Jeanne-de-France

28210 Nogent-le-Roi

Destination de Chiharu Shiota

En dehors de la photographie, beaucoup d’expositions à voir à Paris en ce moment et notamment la dernière installation de Chiharu Shiota à la galerie Daniel Templon.

Il reste quelques jours, jusqu’au 22 juillet.

Cette artiste japonaise (née en 1972, vivant à Berlin depuis 1996) est connue pour ses tissages spectaculaires de véritables toiles d’araignées impénétrables en fil de laine noir, rouge ou blanc.

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J’ai vu son travail pour la première fois à la maison rouge en 2011. Son œuvre After the dream m’a impressionnée : elle avait suspendu en hauteur quatre très longues robes blanches emprisonnées dans une toile d’araignée noire.

Puis en 2014, j’ai beaucoup apprécié son installation à la chapelle de la Vieille Charité à Marseille. Une toile d’araignée de fil de laine noire tissée autour de costumes blancs d’un ballet de Roland Petit occupait toute la nef ovale de ce magnifique bâtiment, sous la coupole.

Au début de cette année, au Bon Marché à Paris, sa nouvelle installation, invitation au voyage et à la rêverie intitulée Where are we going ? a été très remarquée. Chiharu Shiota avait suspendu des bateaux du monde entier sous les verrières du grand magasin et conçu Memory of the Ocean, une grande vague composée de maillages de fils blancs dans laquelle les visiteurs pouvaient entrer. C’était la première fois qu’elle utilisait du fil de coton blanc, en hommage au mois du blanc inventé par Aristide Boucicaut, fondateur du magasin.

Enfin la galerie Templon présente actuellement une installation spectaculaire qui a nécessité 5 jours de travail: un immense bateau de 5 mètres au milieu d’un océan de fils rouges :

J’avais envie de créer, ici, un énorme bateau hors norme qui résume les thèmes abordés dans mes travaux les plus récents. Les bateaux transportent les gens et le temps. Ils sont pointés vers une direction, sans aucun autre choix que d’avancer. Même si nous ne savons pas où nous allons, nous ne pouvons nous arrêter. La vie est un voyage incertain et merveilleux, et les bateaux symbolisent nos rêves et nos espoirs.

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Les installations de Chiharu Shiota sont des œuvres éphémères mais elles laissent dans nos esprits des impressions durables.

 

Galerie Daniel Templon

30 rue Beaubourg – 75003 Paris

Du lundi au samedi de 10h à 19h

Entrée libre

Les actus de Sarah Caron

Sarah Caron a fait de nombreux séjours au Pakistan et a publié plusieurs ouvrages sur ce pays. Son histoire fait même l’objet d’une BD dessinée par Hubert Maury ! Son aventure sous-tension tient le lecteur en haleine jusqu’à son dénouement.

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Le 27 décembre 2007, la ville de Rawalpindi, au Pakistan, est la proie de violentes émeutes, suite à l’assassinat de Benazir Bhutto, principale opposante au régime en place.

Dans la foule, Sarah Caron, photographe française, saisit avec son appareil les moindres détails de la scène. Mais très vite, la jeune femme est repérée et se retrouve poursuivie, craignant pour sa vie.

Un mois plus tôt, Sarah rencontrait Benazir Bhutto afin de réaliser une série de portraits commandée par le magazine Time. Une entrevue difficilement décrochée et qui, par un pur hasard, survenait le jour même de l’assignation à résidence de l’opposante. Une aubaine pour Sarah : pendant quatre jours, elle se retrouvait aux premières loges de l’actualité ! De jour, elle mitraillait les lieux, de nuit, elle transférait ses clichés.

En immersion totale et au gré des commandes, la jeune femme passe cette année-là du monde de l’élite pakistanaise à celui des talibans, avec l’aide d’un fier guerrier pachtoune. Son objectif est une arme dont elle se sert pour frapper les esprits et franchir les frontières, qu’elles soient physiques ou culturelles, et ce malgré le danger des lieux et des situations.

Une immersion sous-tension dans le hors-champ du reportage photographique, vu sous toutes ses coutures. On a rarement l’occasion de lire des témoignages aussi importants sur un métier si précieux. Hubert Maury a su parfaitement mettre en images le récit de Sarah Caron, en s’appuyant sur ses clichés… qui n’en sont décidément pas !

Le pays des Purs

Bande dessinée éditée par la Boîte à Bulles

Scénario Sarah Caron – Dessins Hubert Maury

192 pages – 25 €

 

Autre actualité de Sarah Caron : une exposition sur Cuba qui est également un terrain privilégié de Sarah. La jolie galerie Hegoa présente actuellement l’exposition « A lo Cubano » qui rassemble des images actuelles de Sarah sur le secteur de la mode, des designers en pleine explosion créative jusqu’aux femmes et aux hommes de la rue.

Fashion Cuba

La Havane avril 2016 : alors que le défilé Chanel se prépare, Sarah Caron réalise les photos du Catalogue Arte y Moda, une biennale qui met à l’honneur la mode Cubaine. Raconter la mode Cubaine, c’est raconter Cuba et son Ajiaco (grand plat où se mélange toutes sorte d’aliments). Dés le début du XXè siècle le pays se distingue par l’originalité de sa production textile. La mode européenne est adaptée aux coutumes et au climat de l’île. Après la révolution et la rupture avec les Etats-Unis, l’industrie textile est privée d’importation et mise sur la production locale. Mais le manque cruel de matière première n’entame pas pour autant l’imaginaire et la créativité des nombreux designers de l’île.

Cet extrait du texte de Manon Moreau, publié dans Polka Magazine de septembre 2016, résume bien le travail de Sarah. J’avais d’ailleurs attiré l’attention de mes lecteurs le 29 août dernier sur cette parution.

Jusqu’au 10 juin

Galerie Hegoa

16 rue de Beaune – 75007 Paris

Du mardi au samedi de 11h à 13h et de 14h à 19h

Entrée libre

 

 

 

Si près du ciel Le Tibet

 

J’ai déjà parlé à plusieurs reprises de Jacques Borgetto, notamment en novembre dernier à propos de son travail sur le Japon. Cette fois, il nous emmène au Tibet, ce plateau habité le plus élevé de la planète, qu’il a parcouru de nombreuses fois et en toutes saisons depuis 2007.

_DSF7289© Milomir Kovacevic

Le Tibet a toujours été pour moi d’un grand mystère et il exerce toujours une

profonde attirance. Les lectures d’Alexandra David-Néel, et de bien d’autres,

m’ont permis d’entrevoir la richesse et la singularité de cette civilisation.

Mes voyages m’ont offert de vivre une aventure spirituelle intense et de

partager la vie d’un peuple exceptionnel et attachant, aujourd’hui menacé

dans son identité dit Jacques Borgetto à l’occasion de sa toute nouvelle, et très belle exposition à l’Hôtel de Sauroy.

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Paysage de l’Amdo (Amdo), Tibet 2008 – © Jacques Borgetto

Le voyage est souvent à l’origine du travail photographique de Jacques Borgetto,

photographe et voyageur « au long cours », dont la manière de procéder

s’apparente à celle des explorateurs. Motivé d’abord par le désir de retracer

le parcours de ses grands-oncles italiens émigrés en Amérique latine, Borgetto

n’a plus arrêté, depuis, de partir à la découverte de régions dont il s’est attaché

à rendre compte de l’évolution au fil des années. Cela, en Argentine, au Chili,

au Japon, au Tibet, en allant au-delà du voyage intérieur pour focaliser son

attention sur les autres dont il cherche à comprendre et à intégrer la culture écrit Laura Serani, commissaire de l’exposition.

A travers une centaine de tirages de différents formats, alternant harmonieusement le noir & blanc qui exprime la forte spiritualité au Tibet et la couleur qui évoque la douceur du printemps, Jacques Borgetto montre le quotidien et le spirituel, les traditions persistantes malgré la modernité approchant. Ses photographies traduisent parfaitement la puissance de la pensée bouddhiste, la sérénité qu’il faut aller chercher toujours plus haut dans les montagnes, là où la vie est dure et la nature hostile.

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Courses de chevaux (Kham), Tibet 2012 – © Jacques Borgetto

Mais ce territoire est menacé notamment pendant les fêtes du Nouvel An, où les touristes chinois envahissent les grands monastères. Juchés sur des escabeaux, ils photographient sans retenue les cérémonies religieuses ancestrales sans en comprendre la portée symbolique. Cette pratique a mené le Dalaï Lama à qualifier le Tibet de prochain « zoo pour touristes ».

C’est par contre avec un grand respect que sont exposées dans une sorte de cabinet de curiosité quelques images de funérailles célestes dans la pure tradition zoroastrienne.

Lorsqu’un peuple comme celui du Tibet est menacé par un génocide culturel,

toute manifestation humaine, artistique ou spirituelle émanant de lui prend

valeur de symbole. L’ouvrage de Jacques Borgetto est un précieux témoignage

de cette volonté farouche de survie.

C’est Matthieu Ricard qui l’écrit dans la préface du livre qui accompagne l’exposition, publié par Filigranes. Rappelons que Matthieu Ricard est moine bouddhiste, auteur et photographe. Il est également le représentant, le traducteur et l’interprète du Dalaï Lama en France

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Je précise que la qualité « musée » de cette exposition ne doit pas nous faire oublier que tous les tirages, limités à 7 exemplaires, sont disponibles à la vente entre 900 et 1900 €.

Allez-y nombreux !

Jusqu’au 27 mai 2017

Exposition faisant partie de la sélection officielle du Mois de la Photo du Grand Paris

 

Espace photographique de Sauroy

58, rue Charlot – 75003 Paris

Du mardi au samedi de 14H à 19H – Nocturne le jeudi jusqu’à 20H

Entrée libre

 

Si près du ciel Le Tibet, le livre édité par Filigranes

Textes de Magali Jauffret – journaliste et critique, spécialiste de la photographie,

et Jean-Paul Ribes – journaliste et écrivain, spécialiste du Tibet et du bouddhisme

Format : 23 cm x 32 cm – Relié couverture cartonnée

144 pages – 100 photographies en bichromie et couleur

Bilingue français/anglais

ISBN : 978-2-35046-415-2

Prix : 30 €

 

 

 

Les années Combi de Françoise Saur

Dans Les années Combi , la photographe Françoise Saur rend un hommage buissonnier au fameux camping-car Volkswagen qui n’a cessé de se réinventer depuis 1950.

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Ce fidèle compagnon de route des routards et des familles nombreuses est aussi un sujet photographique qui n’aime rien tant que se glisser en douce dans le cadre. Qu’il s’installe dans le paysage le temps d’une pause casse-croûte, qu’il serve de refuge à la famille pendant l’orage ou serpente sur une route de montagne, le Combi, vu du dedans ou du dehors, s’invite à chaque page de ce petit road-trip familial. Baignée de lumière, la vie défile à toute blinde mais sans heurts dans le Combi de Françoise : famille voyageuse, famille heureuse !

Dans ce sympathique petit ouvrage, reflet d’une époque révolue, on croise des enfants, des gens, beaucoup de gens dont Bernard Plossu et José Bové. On y voit des paysages, la nature, la vie … On y retrouve une certaine idée du voyage, un vent de liberté !

Françoise Saur, auteur de ce livre, vit en Alsace. Son travail photographique, qui a débuté dans les années 70, a été récompensé en 1979 par le Prix Niépce Gens d’images.

Les années Combi est édité par Médiapop, une maison d’édition créée en 2009 dans l’Est de la France, pour prolonger les plus belles rencontres réalisées grâce au magazine Novo (consacré aux artistes, photographes, écrivains…).

Les années Combi

Françoise Saur

Format : 180x120mm, broché – 144 pages

Prix : 16€

Médiapop Editions